En Thaïlande, le nouveau Parlement avait-il vraiment besoin d’un karaoké ?

PHOTO PORNPROM SATRABHAYA/Bangkok Post via AFP

Il y a tout juste un an, la Thaïlande inaugurait l’enceinte de son nouveau Parlement, le plus grand du monde devant le palais du Parlement à Bucarest. Sobrement baptisée Sappaya-Sapasathan, “le lieu où les gens viennent pour créer de bonnes choses”, en thaïlandais –, la construction allie architecture moderne et traditionnelle, avec une structure en verre surmontée d’une pagode dorée.

The National annonce par ailleurs l’ouverture prochaine d’un club privé au cinquième étage. Le journal thaïlandais, qui a eu accès à cet espace réservé aux anciens et actuels parlementaires lors d’une visite de presse, s’enthousiasme pour ce lieu plein de surprises : “Le club propose de nombreuses prestations, comme un spa et des salons de massage, un studio de danse, une salle de chant, une salle de golf, un centre de remise en forme, un gymnase et des tapis de course.”

La nouvelle de l’ouverture de ce club a néanmoins suscité une certaine incrédulité. Selon le quotidien britannique The Times, “l’opinion publique a semblé davantage se soucier de la façon dont ses impôts avaient été dépensés que de savoir quand les politiciens pourraient faire un saut au spa du club après une rude journée de débats”. Le titre relaie les commentaires acerbes de certains internautes sur les réseaux sociaux. Outre les remarques sur les fonds publics qui financent ces installations, l’un d’eux se questionne sur la nécessité de disposer d’un karaoké au sein du Parlement.

“Une différence entre le raisonnable et l’excès”

Le Bangkok Post recense les nombreux problèmes qui ont émaillé la construction de la bâtisse. Celle-ci, entamée en 2013, a accumulé les retards et les surcoûts. Après sa livraison, son occupation a été compliquée par les fuites d’eau, les nids de moustiques et les soucis de sonorisation. Le quotidien anglophone demeure pourtant relativement complaisant vis-à-vis de l’ouverture du club – il précise notamment que l’ancien Parlement disposait déjà d’infrastructures sportives. “Ne nous méprenons pas, nos législateurs méritent un lieu de travail convenable, correspondant à leur honorable statut […]. Il y a cependant une différence entre le raisonnable et l’excès. Si la salle de gym et l’espace sportif sont raisonnables, ce n’est pas le cas du karaoké et de la salle de danse.”

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles