Thaïlande: des milliers de lycéens dans la rue pour une réforme de l'école et de la société

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Des milliers de lycéens sont descendues dans les rues de Bangkok samedi 21 novembre pour réclamer une réforme du système scolaire et comme leurs aînés étudiants, une réforme de la monarchie.

Avec notre correspondante à Bangkok, Carol Isoux

Arrêt du port de l’uniforme obligatoire et des cheveux courts à l’école, suppression de l’obligation de s'incliner très bas devant les professeurs, refonte des programmes, droit à la parole… Voici quelques unes des réformes spécifiques demandées par les lycéens, qui forment depuis le début du mouvement étudiant l'été dernier une partie importante des effectifs des manifestants qui descendent régulièrement dans les rues depuis l'été pour demander une réforme de la monarchie et le départ du Premier ministre Prayut Chan-ocha.

Samedi, après les poursuites judiciaires lancées contre deux de leurs leaders toujours mineurs pour leur participation à des manifestations, ils se sont rassemblés devant le ministère de l’Éducation à Bangkok.

Beaucoup portaient l’uniforme caractéristique des établissements thaïlandais. Tandis que leurs camarades scandaient slogans et chansons au micro, certains étaient déguisés en dinosaures, d’autres en météorites. Une métaphore selon eux de cette nouvelle génération de Thaïlandais qui va faire disparaître la vieille garde au pouvoir. Au sein de ce mouvement lycéen, les jeunes filles occupent une place prépondérante.

Durcissement

Prayut Chan-ocha a durci le ton vendredi, avertissant que « le gouvernement allait faire appliquer toutes les lois », même potentiellement celle sur le lèse-majesté qui punit de jusqu'à 15 ans de prison toute diffamation envers le roi et n'est plus utilisée depuis quelques années. « Les limites ont maintenant été dépassées », a-t-il ajouté.

Mercredi, quelque 20 000 manifestants s'étaient rassemblés dans la capitale alors que la veille, six personnes avaient été blessées par balle au cours d'affrontements entre manifestants militants pour plus de démocratie, forces de l'ordre et ultra-royalistes. Une escalade inédite de la violence depuis le début de la contestation.