La Thaïlande décriminalise l’avortement pour les femmes enceintes de moins de 12 semaines

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Le gouvernement thaïlandais a franchi mardi 17 novembre un nouveau pas vers la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, une première dans ce pays où les croyances bouddhistes tiennent une place importante dans la société. Alors que les classes moyennes arrivaient à contourner l’interdiction existante, toute femme enceinte de moins de 12 semaines pourra avorter à partir de février.

Avec notre correspondante à Bangkok, Carole Isoux

Le puissant cabinet des ministres, un groupe des 35 membres les plus influents du gouvernement de Prayut Chan-ocha, a approuvé mardi 17 novembre, un amendement du code pénal qui criminalisait l’avortement.

L’interruption volontaire de grossesse serait désormais permise à toute femme enceinte de moins de 12 semaines.

Dans les classes moyennes, l’interdiction était déjà largement contournée. Cela par le fait que la loi prévoyait des exceptions en cas de danger pour la santé de la mère, non seulement physique mais aussi mentale.

Il n’empêche : cette légalisation officielle est une petite révolution dans ce pays profondément bouddhiste. À la faveur du mouvement de protestation étudiant qui fait rage dans les rues depuis plusieurs mois, les féministes thaïlandaises avaient réitéré leurs demandes en faveur d’une légalisation de l’IVG.

La mesure doit encore être débattue au Parlement mais une décision de février de la cCur constitutionnelle considérait que l’interdiction absolue de l’IVG était inconstitutionnelle. Avec cette approbation d’un collège de ministres, pourtant identifiés comme conservateurs, semble bien démontrer que la société thaïlandaise est prête. La légalisation devrait entrer en vigueur en février 2021.

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