Thaïlande: la Cour constitutionnelle dissout le parti d'opposition Nouvel avenir

La Cour constitutionnelle a dissous ce vendredi 21 février l’une des principales formations d’opposition, le parti Nouvel avenir, à cause d’un prêt contracté pendant la campagne électorale. Un développement inquiétant pour la suite de la vie démocratique du pays.

Avec notre correspondante à Bangkok,

La Cour a jugé que le prêt de 5 millions d’euros accordé par Thanathorn, le chef de Nouvel avenir, à son propre parti pendant la campagne électorale de 2019, contrevenait aux lois sur les financements des partis politiques.

Nouvel avenir avait connu une ascension fulgurante l’année dernière, obtenant plus de 80 sièges au Parlement grâce au plébiscite de la jeunesse, mais s’était vite transformé en ennemi public numéro un pour l’ancienne junte militaire au pouvoir, faisant l’objet d’une vingtaine de procédures judiciaires.

Vendredi, les militants ont accueilli la nouvelle avec amertume et déception mais, à l’appel de leur leader, ils restent mobilisés. La lutte se déplace, mais continue. « Bien sûr, nous sommes tristes de ce qui vient d'arriver, mais tant que la junte est au pouvoir, la lutte continue. Nous allons donc continuer notre combat, notre démarche Ils peuvent dissoudre notre parti, mais pas les gens, ni l'idéologie... »

Bannis de la vie politique pendant dix ans, Thanathorn et les autres dirigeants de Nouvel avenir ont annoncé vouloir prendre la tête d’un grand mouvement social pour changer le pays grâce à sa société civile. Les thèmes sensibles de la place de l’armée dans la vie du pays, du fonctionnement de la Justice ou du rapport à la monarchie seront abordés désormais en dehors du Parlement.

D’autres procédures sont encore en cours qui pourraient envoyer Thanathorn en prison pour les cinq prochaines années.