Une thérapie hormonale stimulerait les fonctions cérébrales de personnes atteintes du syndrome de Down

ALEXIS MUNERA/Anadolu Agency/AFP

Une nouvelle étude – impliquant des travaux de recherche sur des souris, puis un essai clinique auprès de sept hommes porteurs de trois chromosomes 21 – ouvre la perspective de traitements capables de réduire les difficultés d’apprentissage des personnes atteintes du syndrome de Down. Plusieurs médias, dont le britannique The Guardian, s’en font l’écho.

Les chercheurs se sont intéressés à l’hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires (ou GnRH, sigle de l’anglais Gonadotropin Releasing Hormone), dont le rôle sur le cerveau a récemment été démontré. La GnRH a une influence sur le développement de certaines capacités cognitives, comme le langage chez les nourrissons et les très jeunes enfants, ainsi que sur la formation de connexions cérébrales durant l’adolescence.

L’équipe a constaté que six des sept personnes atteintes du syndrome de Down auxquelles du Lutrelef – un médicament couramment utilisé pour remplacer la GnRH – a été administré présentaient une amélioration de leurs capacités cognitives. Après six mois de traitement, à raison d’une injection automatique toutes les deux heures, une amélioration de 10 % à 30 % a été observée chez les patients à qui on a fait passer le test d’évaluation cognitive de Montréal, une mesure standard de la déficience intellectuelle.

Dans l’attente d’essais randomisés de plus grande ampleur

“Ces résultats sont bien sûr très encourageants mais nous devons rester prudents, déclare au Guardian Nelly Pitteloud, chef du service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme au Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne, qui a participé aux travaux publiés le 2 septembre dans Science. Il faut à présent mener des études randomisées sur de plus vastes échantillons pour confirmer que ces améliorations ne sont pas seulement liées au fait que les patients sont moins stressés et ainsi réussissent mieux les tests.”

De son côté, Andre Strydom, spécialiste en psychiatrie des déficiences intellectuelles au King’s College de Londres, estime que “ces observations au niveau cognitif ne sont pas du tout convaincantes”. Pourtant, Nelly Pitteloud assure, dans un article de Science destiné au grand public, que “les parents [des patients] ont noté des changements significatifs, remarquant par exemple qu’il était plus facile de parler à leur enfant au téléphone. D’autres font état d’une amélioration de leur capacité de concentration et de leur mémorisation, ce qui pourrait les aider pour des activités quotidiennes comme se repérer dans une ville.”

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