Les théories du complot attirent les jeunes, surtout ceux qui s’informent sur les réseaux sociaux

69 % des 18-24 ans (particulièrement ceux qui s’informent via Twitter ou TikTok) adhèrent à l’une des 12 contre-vérités que l’Ifop a sondées.
MoMo Productions / Getty Images 69 % des 18-24 ans (particulièrement ceux qui s’informent via Twitter ou TikTok) adhèrent à l’une des 12 contre-vérités que l’Ifop a sondées.

FAKE NEWS - La Terre est plate. Les Américains ne sont jamais allés sur la Lune. Le massacre de Boutcha est une mise en scène ukrainienne. Les produits à base de plantes permettent d’avorter sans risque. Ces quatre affirmations n’ont rien de la vérité. C’est pourtant ce que pense une part non négligeable des jeunes entre 18 et 24 ans qui ont été interrogés durant l’automne 2022 par l’institut Ifop.

Les résultats de ce sondage, révélés ce jeudi 12 janvier par la fondation Reboot et la fondation Jean Jaurès, ont de quoi inquiéter. Ils révèlent en effet que 69 % des jeunes sondés adhèrent à au moins une des 12 contre-vérités qui leur a été soumise.

Cette vaste enquête marque globalement, et sur un demi-siècle, un recul de la perception positive de la jeunesse sur la science. Alors qu’en 1972, 55 % des 18-24 ans estimaient que la science apportait à l’homme plus de bien que de mal, cette proportion a chuté de 22 points puisqu’ils ne sont plus que 33 % à le penser. 41 % pensent qu’elle apporte autant de bien que de mal (+3) mais surtout 17 % pensent désormais qu’elle apporte plus de mal que de bien (+11).

L’influence des réseaux sociaux

Le sondage pointe aussi un phénomène qui semblait connu mais n’avait pas fait l’objet d’un questionnement aussi précis : plus la fréquence de consultation des réseaux sociaux (Twitter, TikTok...) est grande, plus l’adhésion aux contre-vérités augmente. « Cette enquête confirme la corrélation déjà observée entre l’adhésion conspirationniste et des usages informationnels privilégiant les réseaux sociaux comme mode d’accès à l’information et à la connaissance », déplore dans la note d’analyse Rudy Reichstadt, Fondateur du site ConspiracyWatch.info, observatoire du conspirationnisme et des théories du complot.

Pour contrer ce délitement de l’esprit critique, Helen Lee Bouygues, qui préside la fondation Reboot, appelle « un meilleur contrôle des plateformes » qui passe notamment par « l’interdiction de la sponsorisation de la désinformation voire une restriction d’âge ».

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