Théorie du complot : un programme sans mesure en Fillonie

Libération.fr

Cernés par des révélations en chaîne, le candidat et son entourage relancent l’idée d’une machination, faute de pouvoir être entendus sur leurs thèmes.

Il y a quelques semaines, Gérard Longuet, fervent soutien de François Fillon, avait croisé le secrétaire général de l’Elysée. «Jouyet m’a sauté sur le poil en me disant : "Vous dites partout que c’est moi, arrêtez ça !"» raconte le sénateur Les Républicains. Bien sûr, Longuet dément mollement : «Je ne donne pas de nom, je fais juste un calcul de probabilité : à qui profite le crime ?» La petite musique de la machination médiatico-judiciaro-politique est déjà entonnée depuis longtemps en Fillonie. Et les derniers fidèles n’ont pas attendu les stupéfiantes accusations lancées par leur candidat jeudi soir pour se convaincre que les affaires qui plombent leur campagne sont une intrigue visant à leur faire perdre la présidentielle.

«Dignité». Sur le plateau de l’Emission politique, Fillon est toutefois allé beaucoup plus loin, en mettant en cause nommément le président de la République et en réclamant l’ouverture d’une enquête à l’Elysée. Des «écoutes judiciaires» remontées auprès de François Hollande. «Scandale d’Etat», «cabinet noir», rien n’est épargné. Accusations «mensongères», a rétorqué sèchement le Président dans un communiqué publié - cas rare - par l’Elysée avant même la fin de l’émission. Vendredi, le chef de l’Etat est revenu sur le sujet au micro de France Info et France Bleu pour étriller Fillon. «Je ne veux pas rentrer dans le débat électoral, je ne suis pas candidat, mais il y a une dignité, une responsabilité à respecter. Je pense que M. Fillon est au-delà maintenant, ou en deçà.»

Depuis les premières révélations du Canard enchaîné, fin janvier, les fillonistes croient tenir un mobile : on chercherait à éliminer leur candidat qui a, selon eux, le «projet de rupture» le plus ambitieux, et à empêcher une alternance qu’ils estimaient irrémédiable. Ils ont leur idée sur le commanditaire, citant (...) Lire la suite sur Liberation.fr

François Fillon et le refrain du cabinet noir
Plombée par les affaires, la campagne présidentielle s’envenime
«Je suis à la fin de ma vie. Je n’ai vécu que de la politique.»
Le salon Livre Paris passage obligé des candidats à l’Elysée
A Biarritz, Fillon accuse la gauche de vouloir le «tuer»

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages