Théâtre : Michel Fau et Roschdy Zem dans des "Trahisons" un peu trop sages

Sophie Jouve

Quand Pinter flirte avec le Boulevard en auscultant les tensions qui agitent le trio mari-femme-amant, il le fait avec un raffinement pervers : il commence par la fin et remonte jusqu’aux origines de la décomposition du couple. C’est ce qui fait, en particulier, l’originalité de "Trahisons".

Rembobinage

Deux ans après la fin de leur liaison, Emma a donné rendez-vous à Jerry pour lui annoncer qu’elle a enfin tout avoué à son mari. Jerry ne comprend pas pourquoi maintenant…

Qui aime qui ?

Ainsi c’est Jerry (Roschdy Zem qui fait ses premiers pas au théâtre) qui s’estime floué lorsqu’il réalise que Robert, son ami, connaissait sa liaison avec sa femme, du coup le flegme de Robert le hérisse. Robert, lui, est aussi fataliste qu’ambigu. L’acceptation de la trahison de sa femme peut laisser penser à de l’indifférence pour elle, mais aussi que c’est de Jerry qu’il est épris. C’est en tout cas à cette hypothèse que nous conduit l’interprétation de Michel Fau.



Quant à Claude Perron, elle est une Emma a priori lisse qui joue un peu à la poupée sans sentiment. Mais, peu à peu, la comédienne met dans son jeu une étrangeté déstabilisante, oscillant entre froideur et passion pour parvenir à exister dans une pièce qui se révèle assez misogyne, sans qu’on sache si on doit cette misogynie à Pinter lui-même, ou à la (...)

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