Des tests sanguins pour détecter précocement la maladie d’Alzheimer ?

Johanna Amselem
·2 min de lecture
Brain from wooden puzzles. Mental Health and problems with memory.

Sur une période de quatre ans, le test expérimental a pu prédire avec 88% d’exactitude le développement d’Alzheimer chez les patients.

La maladie d'Alzheimer reste la plus fréquente des maladies neurodégénératives. Chaque année, 225 000 nouveaux cas sont recensés. Aujourd’hui, plus de 900 000 personnes en sont atteintes en France. Lundi 30 novembre, une équipe de chercheurs a annoncé avoir trouvé une solution pour prédire si les patients développeront la maladie d’Alzheimer.

Pour cela, les scientifiques ont mis au point un test sanguin. Si aujourd’hui, le mécanisme d’apparition de la maladie d’Alzheimer n’est pas encore bien connu, de nombreuses études ont mis en évidence que cette pathologie résultait de l'accumulation de protéines dans le cerveau qui conduiraient à la mort des neurones. Certaines de ces protéines sont traçables dans le sang des patients. Ainsi, des tests basés sur la concentration de ces protéines peuvent permettre de diagnostiquer la maladie. Les scientifiques suédois et britanniques assurent maintenant que les analyses de sang peuvent être utilisées pour prédire la maladie d'Alzheimer des années avant l'apparition des symptômes. Leurs conclusions ont été détaillées dans la revue Nature Aging.

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Dépister la maladie au plus tôt

Les chercheurs ont développé et validé des modèles de risque individuel basés sur les niveaux de deux protéines clés dans des échantillons de sang prélevés sur plus de 550 patients souffrant de troubles cognitifs mineurs. Le modèle basé sur ces deux protéines a eu un taux de réussite de 88% pour prédire l'apparition de la maladie d'Alzheimer chez les mêmes patients pendant quatre ans.

Si ces biomarqueurs sanguins peuvent prédire la maladie d'Alzheimer dans des groupes plus vastes et plus diversifiés, nous pourrions assister à une révolution dans la façon dont nous testons de nouveaux médicaments contre la démence”, assure Richard Oakley, chef de la recherche à la Société Alzheimer. Pour lui, le principal combat dans la lutte contre la maladie était de diagnostiquer les cas suffisamment tôt pour intervenir avec des traitements expérimentaux.

Pour Musaid Husain, professeur de neurologie à l’université d’Oxford, cette piste pourrait changer les choses : “Ces résultats doivent être confirmés mais dans le contexte d’autres travaux récents, cela pourrait être un pas important vers un diagnostic plus précoce, ainsi que vers l’expérimentation de nouveaux traitements à un stade moins avancé de la maladie”. À ce jour, il n’existe aucun traitement contre la maladie.

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