"Les Testaments" de Margaret Atwood: Notre fascination pour les dystopies expliquée par un psy

Marine Le Breton
Le destin des personnages de

LIVRES - 1985 ou 2019? Ces femmes, vêtues de rouge et de blanc, viennent-elles de Gilead ou des États-Unis? Cet asservissement du corps des femmes n’est-il que de la fiction? Rien n’est moins sûr. “La Servante écarlate” comme sa suite, “Les Testaments”, en librairie ce jeudi 10 octobre, créent le doute, l’impossible devient possible, les frontières deviennent floues. Et comme devant chaque dystopie, nous ne restons pas de marbre mais sommes fascinés.

“Le meilleur des mondes” d’Aldous Huxley en 1932, “1984″ de George Orwell en 1949, “Farenheit 451” de Ray Bradbury en 1953, ont popularisé cette forme littéraire qu’est la contre-utopie au XXe siècle. Ces dernières années, le succès de films et séries tels que “Hunger Games”, “Black Mirror”, “3%” et évidemment l’adaptation du livre de Margaret Atwood, montre à quel point ces univers où l’humanité peut basculer dans l’obscurité en un claquement de doigts nous captivent.

C’est particulièrement vrai avec “La Servante écarlate”, qui résonne avec l’actualité des derniers mois aux États-Unis. Devenue un symbole de résistance outre-Atlantique, la série devient de plus en plus réelle pour les Américaines, qui voient des États comme l’Alabama adopter des lois extrêmement restrictives en matière d’IVG.

Pour le professeur d’histoire de la pensée politique Gregory Claeys, auteur de “Dystopia: A Natural History”, interrogé par Le Monde, nos générations vivent très clairement dans une ère dystopique. Et preuve que nous sommes extrêmement sensibles aux liens qui se tissent entre fiction et réalité, cet historien souligne que “l’élection de Trump a donné une énorme impulsion au genre dystopique”. Aux États-Unis, non seulement les femmes manifestent en tenues de servantes, mais les ventes du chef-d’œuvre de George Orwell, “1984”, ont explosé durant le mois qui a suivi l’élection du président

Ouvrir les yeux sur notre propre société

“Avec ‘The Handmaid’s Tale’, on est face à du familier mais de l’inconnu s’y mêle, des choses qui ont été...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post