Avec son test d’intercepteur de missile, Pékin lance un avertissement à Taïwan

PHOTO Aly Song / REUTERS

Le 19 juin à 23 h 40, le ministère de la Défense chinois a annoncé sur son site que la Chine avait effectué dans la nuit le test d’un système terrestre d’interception de missile à mi-parcours et avait “atteint les objectifs prévus”. Dans ce court communiqué de deux phrases, le ministère souligne que “ce test est de nature défensive, et ne vise aucun pays”.

“Moins il y a de mots, plus l’événement est important”, commente le journal de la défense nationale Guofang Shibao sur le portail Sohu. Il s’agit du sixième essai d’antimissile terrestre annoncé publiquement par Pékin depuis le 11 janvier 2010. À l’heure actuelle, seuls la Chine, les États-Unis et le Japon ont effectué des essais similaires, explique le journal, précisant que seuls les deux premiers disposent d’une technologie d’interception de missile à mi-parcours. “Même la Russie, qui a battu l’armée ukrainienne sur le champ de bataille de l’est de l’Ukraine, n’a pas pu entrer dans ce club”, se réjouit l’article.

Malgré la ligne officielle chinoise sur cet essai “qui ne vise aucun pays”, le journal se permet une autre interprétation. “Depuis le conflit russo-ukrainien, les États-Unis ont fait beaucoup de bruit à propos du dossier taïwanais… Le ministère de la Défense a clairement indiqué que ce test ne visait aucun pays, mais alors que le porte-avion Fujian vient d’être lancé, la Chine annonce ensuite qu’elle a testé cette ‘technologie de pointe’, ce qui semble avoir pour but d’‘avertir’ les autres pays de ne pas se mêler des affaires chinoises”, décrypte le journal, estimant que le choix d’annoncer cette information en pleine nuit via le ministère de la Défense est “intrigant”.

Un “bon coup” contre les indépendantistes taïwanais

D’après Qin An, directeur de l’Institut chinois de la stratégie du cyberespace, cet essai de l’Armée populaire de libération chinoise a “une cible claire”, relate le journal singapourien Lianhe Zaobao. Selon Qin An, l’essai est une réponse aux indépendantistes taïwanais qui prétendent frapper Pékin avec des missiles Yunfeng. Développés par Taïwan, de croisière et supersonique, à moyenne portée et évoluant à haute altitude, ils peuvent parcourir 2 000 kilomètres et atteindre Pékin (il y a 1 700 kilomètres entre Taipei et Pékin).

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