Terrorisme. En Tunisie, des députés surgissent à l’aéroport pour aider des “fichés S” à voyager

Courrier international (Paris)
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Lundi 15 mars, les députés du parti populiste et islamiste Ennahda ont semé le trouble dans l’aéroport de la capitale. Ils protestaient contre l’interdiction faite à une femme suspectée de terrorisme de se rendre en Turquie, en vertu d’une procédure contestée, tant par ce parti, que par les organisations des droits de l’homme. L’incident relance le débat sur ces fichés S.

Le lundi 15 mars au soir, les Tunisiens ont pu assister, grâce à des vidéos diffusées en direct sur Facebook, à une agitation inédite au sein de l’aéroport de Tunis-Carthage. Des députés d’Al-Karama, proches du parti islamiste Ennahdha, ont investi le hall pour protester contre le fait qu’une femme venait de se voir interdire de prendre l’avion pour la Turquie, rapporte Business News. La démonstration de force a dégénéré en une confrontation violente avec la police. L’affaire a fait ressurgir la polémique autour des fichés S, du nom de la procédure S17, qui permet à la police de restreindre les déplacements d’individus soupçonnés de terrorisme sans même l’autorisation d’un juge.

Face à l’ampleur qu’a prise l’incident, Hichem Mechichi, le chef du gouvernement et ministre de l’Intérieur par intérim, a été contraint de se déplacer sur les lieux pour afficher son soutien à la police des frontières, explique le site Kapitalis. Le chef du gouvernement a annoncé dans la foulée qu’une plainte venait d’être déposée contre les députés qui avaient agressé les agents de police à l’aéroport de Tunis-Carthage : “L’immunité parlementaire ne doit pas se transformer en violation de la loi, peu importe qui en est l’auteur. Personne n’est au-dessus de la loi”, a-t-il martelé.

“Un monstre qui échappe à son

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