Terrorisme et pandémie: pour François Hollande, "le président ne peut pas y arriver seul"

S.B.-E.
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François Hollande et Emmanuel Macron. - Bertrand Guay - AFP
François Hollande et Emmanuel Macron. - Bertrand Guay - AFP

"Le président ne peut pas y arriver seul": François Hollande estime ce vendredi qu'Emmanuel Macron, son successeur à l'Elysée, "doit faire partager les décisions" pour faire face aux crises sanitaires, économiques et sécuritaires qui "s'accumulent".

"Chaque quinquennat a été marqué par des épreuves, nul n'a échappé à cette fatalité", rappelle l'ancien chef de l'Etat dans un entretien au magazine Elle, évoquant la guerre en Irak pour Jacques Chirac, la crise des subprimes pour Nicolas Sarkozy et les attentats terroristes pour ce qui le concerne.

Le président "doit rassembler les citoyens et les mobiliser"

Néanmoins "aujourd'hui tout s'accumule, crises sanitaire, économique, sécuritaire et internationale", observe l'ex-président socialiste. "Dans ce contexte, le président ne peut pas y arriver seul, il doit rassembler les citoyens et les mobiliser". "Il doit faire partager les décisions, avec le Parlement, les élus locaux, les forces politiques et les partenaires sociaux", ajoute François Hollande.

De nombreux opposants ont dénoncé ces derniers jours une concentration du pouvoir et des décisions dans les Conseils de défense, tant contre le coronavirus que contre le terrorisme.

Le gouvernement aurait dû "décentraliser les décisions"

"Face à cette accumulation de défis, l'exercice solitaire du pouvoir comporte plus de risques que de chances", prévient Hollande. Selon lui, le gouvernement aurait par exemple dû "décentraliser les décisions" sur les fermetures des commerces de proximité, qui ont provoqué le mécontentement d'élus locaux.

Plus généralement, François Hollande déclare s'inquiéter de l'état de la démocratie en France: "Le Parlement est absent, tous les partis politiques sont comme suspendus dans le vide. Les congrès ne se tiennent plus, les élections sont repoussées", dit-il alors que l'exécutif réfléchit au report des élections régionales et départementales de mars 2021 pour raisons sanitaires.

L'ancien président confie enfin avoir gardé "la flamme" de son "engagement politique". Et de conclure que "si elle ne s'est pas éteinte, d'autres peuvent la partager avec moi sans risquer de se brûler".

Article original publié sur BFMTV.com