Terrorisme: le niveau "urgence attentat" du plan Vigipirate activé pour la 2e fois depuis sa création

Esther Paolini
·2 min de lecture

Ce plus haut niveau du plan Vigipirate, qui existe depuis le 1er décembre 2016, est activé "à la suite immédiate d’un attentat ou si un groupe terroriste identifié et non localisé entre en action."

Tout juste 13 jours après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine, dans lequel l'enseignant Samuel Paty a été sauvagement assassiné, la France a été de nouveau attaquée ce jeudi, à Nice (Alpes-Maritimes). Trois personnes ont été tuées au sein de la Basilique Notre-Dame de l'Assomption.

En réponse à cette attaque, Jean Castex a porté le plan Vigipirate au niveau "urgence attentat" partout en France. Il s'agit du plus haut niveau d'alerte du dispositif de lutte contre le terrorisme, et Matignon précise ce jeudi à BFMTV.com qu'il n'a été activé qu'une seule fois depuis sa création.

Une mobilisation exceptionnelle de moyens

Ce niveau d'alerte, ayant une durée limitée dans le temps, est "mis en place à la suite immédiate d’un attentat ou si un groupe terroriste identifié et non localisé entre en action."

"Il permet notamment d’assurer la mobilisation exceptionnelle de moyens, mais aussi de diffuser des informations susceptibles de protéger les citoyens dans une situation de crise", précise-t-on sur le site du gouvernement.

En clair, son instauration offre un arsenal de moyens renforcés aux forces de l’ordre pour une action rapide. Ce dispositif, qui relève du Premier ministre, est le niveau au-dessus de la "vigilance", qui est "la posture permanente de sécurité valable en tout temps et en tout lieu", et le niveau de "sécurité renforcée - risque attentat", qui permet d'ajouter de nouvelles "mesures additionnelles" à celles qui sont permanentes.

Des attaques protéiformes

Ce niveau d'alerte maximale a été créé lors d'un conseil de défense le 1er décembre 2016, lorsque François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls faisaient face - comme actuellement - à une multiplication des attaques sur le sol français, de Magnanville à Nice, en passant par Saint-Etienne-du-Rouvray.

Le dispositif avait alors été pensé pour répondre à "la multiplication des types d’acteurs (personnes radicalisées isolées, équipes opérationnelles déployées en Europe), la diversification des modes opératoires (attaques d’opportunité, attaques planifiées) et la démultiplication des cibles (infrastructures, rassemblements, lieux symboliques)", rappelle le préambule du texte.

Il avait été activé une première fois le 11 décembre 2018, à la suite de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg. Le niveau avait alors été maintenu durant 72 heures.

Plus généralement, le plan Vigipirate, qui remonte lui à 1978, "associe tous les acteurs nationaux – l’Etat, les collectivités territoriales, les entreprises et les citoyens – à une démarche de vigilance, de prévention et de protection." Il s'applique sur le sol français, mais aussi aux abords des représentations diplomatiques françaises, comme c'est le cas du consulat français de Jeddah (Arabie Saoudite), également attaqué ce jeudi.

Article original publié sur BFMTV.com

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