Terrorisme islamiste : "Sortir de l’État de droit, c’est tomber dans le piège", met en garde Manuel Valls

Cela fait cinq ans que les terroristes ont frappé Paris, le 13 novembre 2015, faisant 130 morts cette nuit-là. Qu’est-ce qui a le plus marqué Manuel Valls, alors Premier ministre ? "L’attaque terrible, partout dans Paris, le Stade de France, les terrasses de Paris, le Bataclan, la violence incroyable, insupportable...", se remémore Manuel Valls, ancien Premier ministre et invité des "4 Vérités" de France 2 vendredi 13 novembre. Quelles leçons en tirer cinq ans plus tard ? "Que la guerre n’est pas terminée. Cette guerre sera longue, difficile", ajoute-t-il. "Il ne faut pas confondre l’islam et les islamistes" Faut-il une législation d’exception pour mieux lutter contre le terrorisme ? "Nous avons déjà beaucoup fait évoluer notre loi. […] Je ne suis jamais opposé à une révision du droit, y compris de notre Constitution, y compris des traités européens. Mais il faut le faire avec méthode avec un seul but : détruire ces réseaux terroristes et pour protéger nos compatriotes", indique Manuel Valls. 150 détenus ou mis en cause pour des faits de terrorisme ont été libérés de prison depuis 2015, 64 le seront l’an prochain. Que faut-il faire ? "Il faut les surveiller beaucoup plus via la rétention de sécurité, la surveillance à domicile, les bracelets électroniques", énumère Manuel Valls, qui ajoute : "Il y a quelque chose que l’on ne peut pas faire, c’est sortir de l’État de droit. C’est précisément tomber dans le piège des terroristes qui veulent nous diviser, nous briser et en plus que nous sortions de ce que nous sommes, une démocratie". "Il ne faut pas confondre l’islam et les islamistes. Mais il faut que les musulmans de France, et il faut que nous les aidions, se lèvent, soient courageux", estime Manuel Valls.