Territoires palestiniens: ces décisions controversées de Mahmoud Abbas qui font parler

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Ce jeudi 11 mars, le président palestinien Mahmoud Abbas a expulsé de son parti, le Fatah, un haut responsable, Nasser al Qudwa, ancien représentant permanent de la Palestine à l’ONU. Neveu de Yasser Arafat, Nasser al Qudwa avait annoncé qu’il présenterait sa propre liste en vue des élections législatives palestiniennes et cherchait à créer un nouveau parti. S’il s’agit d’un nouveau signe des divisions internes au parti avant les futures élections prévues en mai, cette annonce de Mahmoud Abbas est surtout la dernière d’une longue série de décrets et de décisions arbitraires.

Avec notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard

Des décisions arbitraires, il y en a eu beaucoup ces dernières semaines. Tout d’abord, ces modifications - considérés suspectes - de la loi électorale : l’âge des candidats qui peuvent se présenter par exemple, ou encore le fait que les fonctionnaires de l’Autorité palestinienne, qui veulent faire partie d’une liste, doivent obligatoirement démissionner de leur poste. Les Palestiniens ont aussi très mal pris un récent décret du président réglementant les organisations de la société civile en leur demandant de soumettre leur plan d’action annuel au gouvernement.

Mais il y a des questions que Mahmoud Abbas n’a pas encore saisies et qui seraient plus urgentes ; celle de la représentation féminine pour les élections, par exemple.

Il faudrait aussi, selon des analystes, réduire les frais de participation pour le dépôt des listes, définir quelle autorité sera en charge de la sécurité électorale dans la bande de Gaza et surtout, savoir si l'élection présidentielle vise à élire un président de l’Autorité palestinienne ou un président pour la Palestine.

Il faut dire que la popularité de Mahmoud Abbas a fortement chuté, il n’a pas réussi à faire progresser les espoirs d’un État palestinien et n’a pas rétabli les liens avec le Hamas. Il est vu comme un dirigeant corrompu, pas assez ferme avec les Israéliens.

Et une chose est sure : le moment choisi pour ces décisions n’est pas hasardeux à quelques mois des élections.