"Ces terribles images qui me reviennent par bribes"

12 janvier. Pendant trente-six sauts de l’aiguille des
secondes, la maison de Jørgen Leth est violemment secouée. Un mur s’écroule. Au
sol, le carrelage se fêle de partout. Le bruit est “infernal”.”Je ne crie pas. J’essaie
simplement de reprendre mes esprits. Mon activité cérébrale est paralysée, tout
va donc très lentement”, raconte le
cinéaste et écrivain danois via Skype depuis un hôtel en République
dominicaine.

Après les premières secousses du
séisme, l’air est chargé d’une épaisse
poussière. Il est impossible de distinguer quoi que ce soit. Jørgen Leth entend
quelqu’un appeler de l’étage inférieur. “Mon assistant Beleque apparaît dans
ce rideau de poussière incroyable, à travers des débris de mur. Il essaie
d’attraper ma main. Je saisis instinctivement mon ordinateur, le seul objet que
j’emporte avec moi.”

Ensemble, ils descendent lentement par un escalier en colimaçon, arraché, comme suspendu dans
le vide. “Ecoutant sa recommandation – ‘Faites
attention, Monsieur Jørgen’ –,
je fais un pas à la fois. Tout ce que je vois, ce sont mes pieds. Je marche avec
hésitation, je suis un homme âgé [71 ans]. Heureusement que mon assistant me tient la
main. Je n’y serai pas arrivé sans lui.”

A l’étage inférieur, il retrouve ses
amis Camilla Skousen, Marianne Christensen et Morten Højbjerg, qui sont venus
lui rendre visite. Ils sont blancs de poussière. Tout comme Anette, la
cuisinière, qui est aussi dans la maison. Tout le monde est sain et sauf. “Nous sortons dans la rue, où nous
essayons de repérer l’endroit le plus sûr pour poser les pieds sans tomber dans
les crevasses ouvertes par le séisme. Nous nous y rassemblons. Quatre Danois,
dont trois avec un Mac sous le bras. A part cela, nous n’avons rien.”

L’assistant et la cuisinière sont là,
eux aussi. La cuisinière tombe à genoux et commence à prier vers le ciel. “Elle a chanté des psaumes et a demandé
à Jésus de nous pardonner nos péchés ; c’était incroyable. Pendant ce
temps, nous pouvions voir que d’autres maisons dans la rue s’étaient écroulées,
fendues.”

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