Tensions en Méditerranée orientale : la Turquie calme le jeu

Sous la pression des pays du sud de l'Europe, les Vingt-Sept n'excluent pas d'imposer des sanctions à Ankara qui depuis le mois d'août a soufflé le chaud et le froid en envoyant son navire de recherche Oruç Reis accompagné de navires militaires dans des eaux revendiquées par la Grèce et Chypre. Bruxelles a assuré la Grèce et Chypre de son entière solidarité contre des activités de forage illégales turques. Un sommet extraordinaire de l'Union européenne se tient jeudi 1er octobre et vendredi 2 octobre à ce sujet.

« Toutes les options seront sur la table » a mis en garde le président du Conseil européen Charles Michel. Mais tant que le navire turc Oruç Reis reste au port d’Antalya et ne s’aventure plus dans les eaux disputées pour explorer des gisements de gaz naturel, Ankara peut espérer échapper à des sanctions.

Après avoir montré ses muscles en Méditerranée orientale et déclenché un tollé en Grèce, en Chypre mais aussi à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes, le président turc multiplie les signes d’apaisement. Recep Tayyip Erdogan appelle au dialogue et a même proposé une conférence régionale pour résoudre les litiges territoriaux entre son pays, la Grèce et Chypre.

Il compte bien sûr en tirer profit – que ce soit pour établir une véritable union douanière ou encore pour permettre aux citoyens turcs de voyager sans visa dans l’Union européenne.

Mais la flambée de violences entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh pourrait compliquer la donne : la Turquie, clairement engagée du côté de l’Azerbaïdjan, doit s’attendre à un rappel à l’ordre de Bruxelles qui souhaite à tout prix éviter une nouvelle guerre entre Bakou et Erevan.

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