Quelques tensions lors de la visite de la cheffe de la diplomatie française en Turquie

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna s'est rendue, ce lundi 5 septembre, en Turquie, pays avec laquelle la France entretient des relations souvent tendues, pour s'assurer notamment de la « solidarité » de ce pays de l'Otan, médiateur dans le conflit ukrainien, mais n'ayant pas adopté de sanctions contre la Russie. Sans citer la Turquie, la ministre française s'est inquiétée du « contournement » des sanctions. La ministre a aussi évoqué des désaccords sur la Grèce ou sur la Syrie. Mais c'est surtout sur la question du rôle de la France en Afrique, que des tensions ont émergé lors de la conférence de presse commune avec son homologue turc, Mevlüt Çavuşoğlu.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Mevlüt Çavuşoğlu n'a pas relevé l'allusion de Catherine Colonna lorsque cette dernière a appelé à « éviter toute escalade verbale ou toute provocation » entre Athènes et Ankara, suite aux propos récents du président turc à l'encontre du voisin grec.

Il n'a pas réagi lorsque la ministre française a mis en garde contre « toute initiative déstabilisante » dans le nord de la Syrie, où la Turquie envisage de mener une nouvelle offensive. Ni lorsque Catherine Colonna a insisté sur l'importance de ne pas laisser la Russie contourner les sanctions liées à la guerre en Ukraine – sanctions que la Turquie refuse d'appliquer.

« Erreurs du passé »

« Nous ne parlons pas de néocolonialisme concernant la Turquie, que l'on n'en parle pas concernant la France », a pour sa part réagi Catherine Colonna, citant plutôt des « difficultés de communication sur la présentation du rôle de la France en Afrique ».


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