Tensions entre policiers et juges: Darmanin et Dupond-Moretti affichent leur complicité

·2 min de lecture
Les ministres de la Justice Eric Dupond-Moretti et de l'Intérieur Gérald Darmanin sur le perron de l'Elysée le 28 avril 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP
Les ministres de la Justice Eric Dupond-Moretti et de l'Intérieur Gérald Darmanin sur le perron de l'Elysée le 28 avril 2021 - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Les ministères de l'Intérieur et de la Justice ont toujours dansé un tango plutôt rugueux. C'était le cas sous la houlette des prédécesseurs d'Emmanuel Macron, le plus récemment entre Manuel Valls et Christiane Taubira par exemple. Depuis la nomination d'Eric Dupond-Moretti place Vendôme et l'arrivée de Gérald Darmanin place Beauvau, beaucoup annonçaient une redite de cette mésentente cordiale.

La manifestation de soutien aux forces de l'ordre mercredi menaçait de la rendre très orageuse. Gérald Darmanin s'est rendu à un événement controversé, où des syndicats de police ont ouvertement critiqué l'institution judiciaire. Le garde des Sceaux, lui, se trouvait à l'Assemblée nationale pour défendre son projet de loi censé renouveler la confiance en la justice. L'effet miroir avait de quoi surprendre et portait en lui les ferments d'une crise.

Fibre populaire

Deux jours plus tard, les deux hommes dégainent les éléments de communication. Il s'agit de ne pas laisser croire qu'il puisse y avoir de l'eau dans le gaz entre ces poids lourds du gouvernement Castex. D'autant plus que, originaires l'un comme l'autre du Nord-Pas-de-Calais, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti revendiquent tous deux une fibre populaire, régulièrement brandie dès qu'il faut taper sur le Rassemblement national.

Ainsi sur son compte Twitter, l'ancien avocat pénaliste a fait publier une photo de lui le montrant assis en face de son homologue de l'Intérieur. "Police et Justice travaillent ensemble quotidiennement à Paris, et sur le terrain", peut-on lire dans le tweet.

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

"Lutte contre les trafics de drogue, mise en place de la procédure pénale numérique, politique de lutte contre les phénomènes de bandes, préparation du Beauvau de la sécurité jeudi prochain", est-il encore écrit.

Rappelons que mercredi, à la tribune dressée par les syndicats près de l'Assemblée nationale, le secrétaire général de Alliance Police, Fabien Vanhemelryck, avait clamé haut et fort que "le problème de la police, c'est la justice". Des mots qu'il assume à "300%", mais qui ont déclenché un tollé aussi bien chez les magistrats qu'au sein de la classe politique, y compris dans les rangs de la macronie.

"Les mots n'ont pas dépassé notre pensée, ils étaient bien choisis et écrits. Il fallait choquer, mettre en exergue la situation dans laquelle les policiers sont tous les jours", a-t-il déclaré le lendemain sur BFMTV.

Article original publié sur BFMTV.com