Tension désamorcée : les barricades érigées au Kosovo seront levées, annonce le président serbe

La tension montante entre le Kosovo et la Serbie pourrait finalement être désamorcée.

Ce mercredi, après avoir rencontré des représentants de la minorité serbe du Kosovo, le président serbe Aleksandar Vucic a annoncé le retrait des barricades dès jeudi matin. Mais selon Belgrade, le processus de retrait pourrait durer quelques jours.

"Ce n'est pas une démarche aussi simple, et cela ne peut pas se faire en deux heures, comme certains l'ont supposé. Dans les 24 à 48 heures, les barricades seront enlevées. Mais la méfiance n'est pas pour autant dissipée. Ceux qui veulent violer le droit des Serbes au Kosovo doivent savoir que, comme nous ne l'avons pas permis aujourd'hui, nous ne le permettrons pas non plus à l'avenir", a expliqué le président serbe.

L'ex-policier serbe placé en résidence surveillée

Les Etats-Unis et l'Union européenne ont appelé mercredi à une "désescalade sans conditions" dans cette région où la Première ministre serbe Ana Brnabic a jugé la semaine dernière que la situation était "au bord du conflit armé".

"Nous appelons tout le monde à faire preuve du maximum de retenue", ont ajouté le département d'Etat américain et la diplomatie de l'UE dans un communiqué commun.

Plusieurs centaines de Serbes du Kosovo ont érigé depuis le 10 décembre dans le nord du Kosovo des barrages pour protester contre l'arrestation d'un ancien policier serbe, paralysant la circulation vers deux postes frontaliers avec la Serbie.

Un tribunal de Pristina a ordonné mercredi que cet ex-policier, Dejan Pantic, soit libéré et placé en résidence surveillée.

La police kosovare et les forces internationales de maintien de la paix ont subi plusieurs attaques impliquant des armes à feu, alors que la Serbie mettait ses forces armées en état d'alerte.

Le ministre serbe de la Défense Milos Vucevic a affirmé mercredi que le blocage des routes était un moyen de protestation "démocratique et pacifique", et que Belgrade gardait ouverte sa ligne de communication avec les diplomates occidentaux pour résoudre cette crise.

Pourquoi les Serbes protestent-ils contre Pristina ?

La Serbie ne reconnaît pas l'indépendance de son ancienne province méridionale, peuplée très majoritairement d'Albanais, que celle-ci avait proclamée en 2008. Elle encourage les 120 000 Serbes au Kosovo à défier les autorités locales, au moment où Pristina veut asseoir sa souveraineté sur l'ensemble du territoire.

Début novembre, des centaines de policiers serbes intégrés à la police kosovare, ainsi que des juges, procureurs et autres fonctionnaires ont quitté leurs postes en masse.

Ils protestaient ainsi contre une décision, désormais suspendue, du gouvernement de Pristina d'interdire aux Serbes qui vivent au Kosovo d'utiliser des plaques d'immatriculation délivrées par la Serbie.