Tennis - Le tennis français aux bons souvenirs du National

L'Equipe.fr
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Certains des meilleurs joueurs de tennis français s'affrontent jusqu'au 25 juillet lors du Challenge Élite FFT. Ça nous a rappelé les grandes heures du National, ce tournoi disparu en 1990.C'était le Tour de France du tennisApparu en 1891, le championnat de France de tennis masculin était un tournoi visant à honorer le/la meilleur/e Français(e) de l'année. En 1950, il change de nom pour devenir le National et perdurera jusqu'en 1990. Sa particularité était d'être organisé chaque année par une ligue et une ville différentes. C'est ainsi que de Paris à Uriage en passant par Marcq-en Bareul, La Baule ou le Cap d'Agde, le tennis a sillonné les départements français au bonheur de ses licenciés.lire aussiChallenge Élite FFT : la petite fête du tennis français à NiceDes villes organisatrices, Bordeaux est celle qui a le plus donné (6 National), alors que Paris, Marseille, Aix-en-Provence et Nice s'y sont collé trois fois chacune. Le tournoi a même eu lieu hors de nos frontières actuelles, à Alger (1952, Paul Rémy vainqueur), Casablanca (1954, Paul Rémy) et Oran (1960, Pierre Darmon).On y gagnait parfois en familleL'édition du tournoi 1968 s'est achevée de la plus belle des façons pour Pierre Darmon et son épouse d'origine mexicaine, Rosie. À Macon, mari et femme sont allés au bout de leur tableau respectif et ont soulevé conjointement la coupe du vainqueur. Pierre Darmon est d'ailleurs le joueur qui a le plus remporté de National (9 titres), devant François Jauffret (7), Robert Haillet (5), Patrick Proisy et Yannick Noah (4).La domination Yannick NoahAu début des années 1980, Yannick Noah domine outrageusement le tennis français. Il remporte quatre fois de suite le National (1978-1982). En 1980, alors que l'épreuve se tient à Bayonne, il survole tellement les débats qu'il peut se concentrer sur le reste, notamment son passage chez le concessionnaire Ferrari local. Après sa finale expédiée face à Thierry Tulasne, il repart à Paris dans sa 308 GTS décapotable « achetée en cinq minutes ».L'année suivante, le National est organisé dans la ville où a grandi Thierry Tulasne. Le prometteur jeunot tourangeau (18 ans) a les dents qui rayent la terre battue du stade poussé en quelques mois sur la plaine qui borde le Cher. « En 81, mon but est d'être le numéro un français », assène t-il quelques mois plus tôt. En 3 sets (6/1, 6/0, 6/3), le 15e mondial renvoie le 50e à ses chères études. Tulasne devra patienter deux ans de plus avant de décrocher son premier National, à La Baule, contre Pascal Portes. Et il remettra ça l'année suivante.Une joueuse l'a gagné huit fois sous trois noms différentsD'origine australienne, quatre fois vainqueure du double dames à Roland-Garros, Gail Sherriff a adopté la nationalité française dans les années 1960, ce qui lui a permis de s'aligner au National. Elle l'a remporté huit fois... sous trois patronymes : Gail Chanfreau (le nom de son premier mari), Gail Sherriff (son nom de jeune fille) puis Gail Lovera (le nom de son deuxième mari). En 2018, âgée de 73 ans, la joueuse a été championne du monde seniors sous le nom de... Gail Benedetti.La dernière édition a été remportée par le 281e mondialL'année 1990 est l'année de trop pour le National. À Rennes, Yannick Noah, Guy Forget et Henri Leconte ne se sont pas déplacés. « Pourquoi continuer à décerner le titre de champion de France sur une épreuve d'une semaine alors que les classements de l'ATP ou même de la FFT sont beaucoup plus justes ? », dit Noah. 281e à l'ATP, Olivier Soules est donc le dernier champion de France de l'histoire. RIP, le National.En 2008, la renaissance via le Masters FranceL'idée d'un challenge franco-français est encore dans les têtes de Gilles Moretton et de Jean-François Caujolle (vainqueur en 1978) quand ils décident, associés à Jean-Louis Haillet, de monter le Masters France en 2008. Disputé à Toulouse, il rassemble les sept Français qui ont obtenu le plus de points après les tournois ATP du circuit hexagonal (Open 13, Open de Moselle, Grand Prix de Lyon, Masters de Paris-Bercy), le huitième invité, disposant d'une wild card.Selon le trio d'organisateurs, « l'idée est de faire revivre le National ». Gilles Simon en sera le premier vainqueur (face à Michaël Llodra), Julien Benneteau, le second et dernier en 2009 (Arnaud Clément, finaliste), car l'édition 2010, pourtant prévue, ne verra pas le jour... faute de la présence des meilleurs Français. Comme à la fin du National.