Des tempêtes extrêmes prévues pour 2080 sont déjà là en 2022

Swampscott, United States (Photo: Harald Andresen / EyeEm via Getty Images)
Swampscott, United States (Photo: Harald Andresen / EyeEm via Getty Images)

Une étude alerte sur l'intensité des tempêtes hivernales qui sévissent déjà dans l'hémisphère sud.

ENVIRONNEMENT - Les tempêtes extrêmes sont déjà là. Une nouvelle étude publiée le 26 mai dans la revue scientifique Nature Climate Change et dirigée par le docteur Rei Chemke de l’Institut Weizmann des sciences, révèle une intensification considérable des tempêtes hivernales (caractérisées par des chutes de neige, de la glace, ou du grésil) dans l’hémisphère sud. Ces résultats remettent en question la capacité des modèles climatiques à prédire avec précision les impacts futurs des émissions anthropiques.

Selon les modèles utilisés dans les précédents rapports du Giec, les émissions de carbone n’aggraveraient sensiblement les tempêtes hivernales que d’ici à la fin du siècle. Pourtant, en comparant ces modèles aux observations actuelles des tempêtes, les chercheurs se sont rendu compte que les tempêtes hivernales actuelles ont déjà atteint les niveaux prévus pour l’année 2080.

Dérèglement du climat des pôles

Les scientifiques se sont penchés exclusivement sur les tempêtes de l’hémisphère sud car l’intensification y a été jusqu’à présent plus forte que dans le Nord, mais de tels niveaux pourraient être observés de l’autre côté du globe dans les années à venir.

Une tempête hivernale majeure, Izzy, a d’ailleurs frappé l’Est des États-Unis en janvier dernier provoquant des coupures de courant pour plus de 230.000 personnes ainsi que des perturbations dans les transports routiers et aériens.

Outre ces conséquences sur les populations, les tempêtes hivernales ont des incidences climatiques. Bien sûr, elles ne modifient pas à elles seules le climat. “Cependant, l’effet à long terme des tempêtes hivernales devient évident lorsqu’on évalue les données cumulatives recueillies sur de longues périodes”, a déclaré Rei Chemke, cité par le quotidien israélien The Times of Israel.

Les tempêtes affectent effectivement le transfert de chaleur et d’humidité, les précipitations, et les courants des vents avec de grosses incidences pour les différents climats sur Terre. Les pôles sont particulièrement vulnérables à ce dérèglement. Les tempêtes hivernales permettent en quelque sorte de réguler la chaleur des deux extrémités terrestres, “sans leur contribution, les températures moyennes aux pôles seraient inférieures d’environ 30°C”, a expliqué Rei Chemke.

Des changements futurs difficiles à évaluer

L’arrivée précoce de tempêtes d’une telle puissance inquiète les scientifiques et les pousse à questionner les méthodes de prévisions climatiques. “Les modèles climatiques actuels sous-estiment gravement l’intensification des trajectoires des tempêtes aux latitudes moyennes au cours des dernières décennies”, alertent-ils.

Les programmes sur lesquels s’appuient les scientifiques pour prévoir notre climat futur sont pourtant des modèles informatiques qui combinent les myriades de phénomènes physiques, chimiques et biologiques qui, ensemble, forment le climat de notre planète. Alors comment les modélisateurs n’ont-ils pas réussi à anticiper ce phénomène ?

En cause, des biais dans l’observation de la circulation atmosphérique. En d’autres termes, les prévisionnistes ne sont pas parvenus à bien évaluer les propriétés des masses d’air responsables des tempêtes. Toutefois, les chercheurs soulignent que les modèles climatiques restent le meilleur outil disponible aujourd’hui pour étudier notre système climatique. Il est cependant nécessaire selon eux d’améliorer ces observations pour mieux comprendre les impacts de l’activité humaine sur les extrêmes climatiques.

À voir aussi Le HuffPost: Réchauffement climatique: aux pôles, l’autre catastrophe qui passe inaperçue

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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