« Teddy » : un film de loup-garou français, rural et au poil

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Anthony Bajon et Christine Gautier dans
Anthony Bajon et Christine Gautier dans

Cinq ans après l'excellent Willy 1er, les frères jumeaux Ludovic et Zoran Boukherma, 29 ans, anciens élèves de l'école de cinéma de Luc Besson, revisitent le thème ultra-classique du lycanthrope poilu et énervé, mais avec un pas de côté, entre pop culture américaine et le cinéma de Bruno Dumont, le tout dans un bled perdu des Pyrénées. Dans ce cadavre vraiment exquis, il est donc question d'un jeune prolo, crâne rasé et vue basse, qui bosse dans un institut de massage « parce qu'il n'y avait plus de place au Quick ». Mordu par une créature de la nuit, Teddy commence à faire de drôles de rêves où il boulotte les doigts de pied de ses proches, se rase la langue, se mutile, avant la grande métamorphose finale lors d'une séance de loto dans un gymnase craspec. Très bonne surprise du cinéma de genre français, Teddy est à la fois drôle et flippant, gonflé et excitant, et les frères Boukherma distillent savamment un climat d'inquiétante étrangeté et d'érotisme. C'est formellement somptueux et, entre deux changements de ton risqués, ils filment le lumpenprolétariat de province avec amour. Rencontre avec deux outsiders.

Le Point : Après un premier film très social, Willy 1er, vous changez de registre avec cette histoire de loup-garou.

Zoran Boukherma :Quand nous étions petits, notre mère nous a transmis sa passion pour le cinéma de genre, les films de Wes Craven, de John Carpenter, la série Les Contes de la crypte ou les livres de Stephen King. Nous avons baigné dan [...] Lire la suite

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