Une technique innovante pour traiter la BPCO

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Améliorer l’état de santé et la qualité de vie des patients atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). Voici l’objectif d’une thérapeutique innovante baptisée « dénervation ciblée des poumons ». Actuellement testée par un patient du CHU de Nice, elle constitue une piste encourageante contre cette maladie respiratoire qui touche 3,5 millions de Français

« L’objectif de la dénervation ciblée des poumons est d’interrompre les signaux nerveux transmis aux poumons pour réduire les conséquences cliniques de l’hyperactivité neuronale. » Voilà comment la société américaine Nuvaira, qui conduit l’étude, décrit les enjeux de la technique qu’elle a mise au point. Une intervention non chirurgicale, réalisée en une seule procédure, qui implique d’introduire un cathéter spécial dans les poumons grâce à un bronchoscope, afin de pratiquer une « ablation circonférentielle des nerfs au niveau des bronches souches de chaque poumon. » En clair, les nerfs de la partie centrale des deux poumons sont désactivés par radiofréquence, une technique peu invasive.

Le patient niçois, inclus dans l’étude le 16 octobre dernier, fait partie des 400 malades qui intégreront la cohorte de l’étude Airflow 3. Au total, 40 centres seront représentés à travers le monde, dont 8 en France. Cette étude internationale a pour objectif de confirmer les bons résultats obtenus lors des essais cliniques précédents, Airflow 1 et 2. Symptômes, exacerbations et hospitalisations avaient été significativement réduits dans plus de la moitié des cas. Cette thérapie interventionnelle viendrait donc en complément des médicaments d’entretien, comme les bronchodilatateurs, qui ne permettent pas de guérir la maladie mais visent à en atténuer les signes.

16 000 décès par an

Parmi ces symptômes : la toux chronique, l’essoufflement, les expectorations… La BPCO se caractérise principalement par une obstruction chronique des voies aériennes, causée le plus souvent par le tabac et aggravée par la pollution de l’air. Souvent associée à d’autres pathologies comme un emphysème ou une bronchite chronique, elle expose les malades à des exacerbations pouvant provoquer la mort (16 000 décès par an en France). Les exacerbations correspondent à une intensification des symptômes, souvent déclenchés par des virus respiratoires, comme la grippe.

A noter : l’étude Airflow 3 s’adresse aux patients âgés de 40 à 75 ans, atteints de BPCO, qui ont des exacerbations fréquentes, qui prennent un traitement de fond, qui ne fument plus et qui acceptent d’être suivis pendant 5 ans. Contactez le CHU de Nice ici.