"Tchernobyl sur glace" ou solution "pour faire reculer le charbon" ? On vous présente le projet russe de centrale flottante dans l'Arctique

Benoît Jourdain

Un monstre des mers. Près de 144 m de long, 30 m de large et quelque 21 000 tonnes d'acier... L'Akademik Lomonosov est un navire d'un nouveau genre. Il ne s'agit pas d'un paquebot de luxe, mais d'une centrale nucléaire flottante bâtie pour aller fournir de l'énergie à la petite ville de Pevek, en Russie, dans le nord-est du pays, à 350 km au nord du cercle arctique.

Actuellement à Mourmansk, cette première centrale nucléaire flottante de l'histoire doit commencer son long trajet de 5 000 km vers Pevek à la fin de l'été. Un projet qui inquiète les organisations environnementales face à ce qui pourrait devenir un "Tchernobyl de glace", selon elles. Le tout dans une zone jusqu'ici plutôt épargnée par l'empreinte humaine, mais que le réchauffement climatique pourrait bien totalement désenclavée.

Comment est né ce projet de centrale ?

Cette centrale flottante a été imaginée par Rosatom, société étatique russe chargée de l'énergie atomique. "Un premier projet de centrale nucléaire flottante russe a été envisagé en 1998", affirme Karine Herviou, directrice au pôle Sûreté nucléaire de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Le projet a été relancé en 2006 et la construction a débuté un an plus tard. Les travaux s'achèvent finalement en 2017.

La même année, la centrale est mise à l'eau à Saint-Pétersbourg. C'est dans cette ville de 5 millions d'habitants que les deux réacteurs doivent être (...)

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