Publicité

Tchad: trois chefs coutumiers élevés au même rang que les sultans

Au Tchad, les chefs traditionnels ont un statut officiel reconnu par la Constitution, depuis les années de l’indépendance. Le ministre de l’Administration du territoire a signé, en début de semaine, un décret qui élève trois de ces chefs du Sud au rang de sultan, sans rien dire sur sa motivation. Même si ce geste qui a été interprété comme une volonté de « réparer une injustice » a été énormément salué, il a également suscité une énorme polémique.

Jusqu’ici, au Tchad, les chefs traditionnels n’avaient pas le même rang protocolaire ni le même salaire. Le pouvoir avait placé au sommet de la pyramide les sultans issus de l’espace arabo-musulman. Le gouvernement de transition vient de « réparer une injustice qui durait depuis longtemps » en élevant trois chefs traditionnels du Sud, le Gong de Léré, le Wang Doré et le Mbang de Bedaya, au même rang que les sultans.

« Par le passé, il existait des sultanats, notamment dans le Ouaddaï, dans le Kanem, mais il y avait aussi le Gong de Léré qui régnait jusqu'à la frontière du Nigeria. Ils avaient des domaines plus vastes, mais ils n'avaient pas les mêmes avantages que leurs confrères du Nord appelés des sultans. Aujourd’hui, par ce décret, ces trois chefs traditionnels et coutumiers, qui sont aussi des chefs spirituels au Sud, vont bénéficier de ces avantages. En soi, c'est une très bonne chose. Ils ont réparé une situation qui était conflictuelle qui était une discrimination », analyse le politologue Ngarlem Toldé.


Lire la suite sur RFI