Tchad: la société civile et l’opposition saluent le report du dialogue politique

Prévu pour le 10 mai 2022, le dialogue national devrait regrouper les Tchadiens de tous les horizons pour jeter les bases d’un nouveau système politique. Ce dimanche 1er mai, le Qatar, médiateur entre le gouvernement tchadien et les mouvements politico-militaires, a demandé un report de la date du 10 mai pour permettre aux négociations, entamées depuis le 13 mars, d’aboutir. Ce que le gouvernement tchadien a accepté.

Avec notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

L’opposition politique et la société civile, qui demandaient que les conditions dans lesquelles est organisé ce dialogue soient revues, saluent la décision et exigent un processus plus transparent.

Il n’y avait pas besoin d’attendre une sollicitation du Qatar pour reporter le dialogue qui se préparait sans consultations sérieuses, déclare Bédoumra Kordjé, porte-parole du groupe de réflexion et d’action du 1er juin qui regroupe des partis politiques et associations de la société civile. « Cela n’était pas nécessaire, poursuit-il, parce que ce dialogue a exclu les forces vives qui n’applaudissent pas la junte. Maintenant que le report est acté », conclut le militant, il faut préparer les conditions d’un dialogue sincère.

Du côté de la Convergence des organisations politiques, une autre coalition, le porte-parole Salibou Garba explique que le report était inévitable. Il faut désormais, selon lui, que les conditions pratiques de l’organisation de ce dialogue et de la participation soient réglées de manière consensuelle avec un autre comité d’organisation.

Le porte-parole de la coalition d'opposition et de la société civile Wakit Tama, Me Max Loalngar, estime pour sa part que ce report ne doit pas servir de prétexte pour prolonger la transition. « Si le conseil militaire s’engage dans cette voie, nous allons travailler pour que le peuple prenne sa souveraineté en main », ajoute l’activiste qui annonce une marche pour le 10 mai prochain.

De son côté, Adoub Yacoub, chef de la délégation du groupe de Rome qui figure parmi les mouvements politico-militaires, juge qu’un accord de paix à Doha est un préalable indispensable à tout dialogue inclusif à Ndjamena.

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