Tchad: le MPS et Idriss Déby accusés d'être «omniprésents» dans la campagne électorale

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Une semaine après le début de la campagne électorale pour la présidentielle du 11 avril prochain, sur 10 candidatures officielles adoubées par la Cour suprême, trois opposants qui ont annoncé leur retrait du processus électoral ne font pas campagne, un 4e opposant Brice Mbaïmon Guedmbaye a suspendu sa participation à la campagne en dénonçant un système qui favorise trop le candidat-président Idriss Deby. Reste donc en lice 6 candidats, mais dont un seul est « omniprésent ». La majorité, elle parle d'un procès d'intention.

Opposition et société civile sont unanimes, depuis le début de la campagne électorale, on ne voit que le parti MPS au pouvoir et son candidat, Idriss Déby.

Ce que confirme le politologue Evariste Ngarlem Toldé, une « omniprésence » qui s'explique, dit-il, par l'absence des principaux opposants, Saleh Kebzabo ou encore Ngarlejy Yorongar de cette campagne, « pour cause de retrait du processus électoral ».

« C’est des petits partis qui ont une implantation régionale ou provinciale, à la différence du MPS ou des partis de Kebzabo et de Yorongar, qui ont une implantation nationale. Ils n'ont pas les moyens et ne peuvent que battre campagne dans leur région natale et puis voilà. »

Et cela se voit sur le terrain, toujours selon le politologue tchadien. « Les photos du chef de l’État sont partout. C’est pareil à l’intérieur du pays. C’est une présence envahissante, à la limite. Il n’y a qu’eux en campagne pour le moment. »

La réaction outrée du porte-parole du MPS et de la campagne électorale du candidat Idriss Déby ne s'est pas fait attendre. Jean-Bernard Padaré. « S’ils n’ont pas la chance de mailler tout le territoire national, c’est leur problème. Je ne vois pas en quoi on peut nous accuser de pouvoir battre campagne. Puisque nous avons le même temps d’antenne à la télé, à la radio, comme eux. Quand on dit que le président de la République utilise les moyens de l'État, donc il ne doit plus venir avec le véhicule pour assurer sa sécurité au stade alors qu’il chef de l’État ? Soyons sérieux ! »

Pour le politologue Ngarlem Toldé, cette domination écrasante d'un candidat risque d'entacher la crédibilité du processus électoral en cours. Un argument que Jean-Bernard Padaré balaie d'un revers de la main.