Tchad: la manifestation de Wakit Tama dispersée par les forces de l'ordre

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Ce samedi, la coalition d’opposition et de la société civile Wakit Tama avait prévu de manifester pour protester contre la gestion du pays par les autorités de transition. Mais ceux qui se sont rassemblés dans les rues de Ndjamena ont été dispersés par les forces de l’ordre. La coalition et les autorités n’ont pas trouvé d’accord sur le parcours du rassemblement. Il y a eu un mort et plusieurs dizaines de blessés.

Avec notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

La police a chargé alors que les manifestants, visiblement plus nombreux que d’habitude, tentaient de se regrouper au niveau du rond-point à double voie. C’est là que Wakit Tama avait donné rendez-vous à ses militants pour cette marche qui devait aller du rond-point jusqu’au grand stade de la ville.

Pour la police, prépositionnées depuis la veille dans le secteur, les marcheurs devaient respecter l’itinéraire habituel des marches, qui va plutôt du rond-point Hamama au Palais du 15 janvier, un peu à l'est de la capitale. Un itinéraire que Wakit Tama n’a pas accepté, avançant des arguments tactiques.

Des tirs de gaz lacrymogènes ont été effectués par les forces de l’ordre pour dispersée la foule. Autour du rond-point et dans un périmètre d’environ 500 mètres, l’air était irrespirable. Dans les concessions comme dans les ruelles, des habitants ont tenté de réduire l’effet des gaz des grenades lacrymogènes en s'aspergeant d’eau. Le siège des Transformateurs, où s'étaient réfugiés la plupart des marcheurs, a été assiégé par la police qui a chargé à coup de grenades lacrymogènes et a tiré à balles réelles selon Wakit Tama.

« Nous dénombrons 45 blessés dont 5 graves en plus du cas de décès du policier que nous avons déploré ce matin, explique Me Max Loalngar, porte-parole de Wakit Tama. Nous sommes d’autant plus inquiets que parmi les blessés, se trouvent une jeune femme atteinte au bas ventre par une balle réelle, ainsi qu’un boutiquier atteint par une balle réelle et qui est dans un état critique. »

D'autre part, les manifestants ont aussi tenté de harceler la police qui patrouillait dans les rues et ruelles autour de ce rond-point du 7e arrondissement de la capitale.

Le porte-parole de la police, Paul Manga a quant à lui déclaré à l'AFP que les militants n'ayant pas respecté l'itinéraire, bloquaient la circulation et devaient donc être dispersés pour éviter de « troubler l'ordre public ». Selon lui, 12 agents des forces de l'ordre ont été blessés et 12 véhicules caillassés.

Les autorités tchadiennes quant à elles contestent fermement les accusations des Transformateurs. Selon Abderamane Koulamallah, porte-parole du gouvernement, les forces de l'ordre n'ont blessé aucun manifestant, et les images du siège du parti détruit qui ont circulé sur les réseaux sociaux sont de vieilles photos. Pour Abderamane Koulamallah, les forces de l'ordre n'ont fait que leur travail.

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