Tchad: l'angoisse des familles des disparus après les manifestations du 20 octobre

© Juda Allahondoum - Le Visionnaire/via REUTERS

Les langues se délient au Tchad, deux semaines après les terribles événements du 20 octobre, quand des manifestations de l'opposition contre la prolongation de la transition ont été réprimées dans le sang. Les différents bilans parlent de 50 à 150 morts, des centaines de blessés et des milliers de personnes arrêtées ou « déportées », ainsi que des centaines de portés disparus. Des habitants de Ndjamena, sans nouvelles des leurs arrêtés ce jour-là, témoignent.

Le 20 octobre 2022, Anamo Maïnsala, 37 ans et nouvellement intégré à la fonction publique, se reposait dans sa maison située dans le quartier de Moursal, lorsqu'une camionnette remplie de militaires s'est arrêtée devant sa concession. Les soldats ont alors forcé les portes, passé la première pièce où il n'y avait que des femmes, avant de s'introduire dans la suivante. La suite est racontée par un membre de sa famille, qui n'a pas voulu donner son nom par peur d'éventuelles représailles :

« Ils ont trouvé mon grand frère avec un de mes neveux qui a à peine 15 ans. Ils ont pris mon neveu et l'ont emmené dehors. Là, ils lui ont tiré dans la jambe. Ils ont pris mon frère, l'ont mis dans la camionnette et sont partis avec lui. Jusqu'à aujourd'hui, on ne sait pas s'il est vivant ou s'il est mort. On ne sait pas. »

Aujourd'hui, toutes ces familles ne savent plus à quel saint se vouer et disent attendre des réponses du gouvernement de transition.


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