Tchad: Heurts entre forces de sécurité et manifestants contre l'armée

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N'DJAMENA (Reuters) - Les forces de sécurité tchadiennes ont eu recours à des gaz lacrymogènes et des matraques pour disperser des manifestants rassemblés à N'Djamena, la capitale, pour dénoncer la prise de pouvoir par l'armée dans le sillage de la mort du président Idriss Déby le mois dernier.

Selon un journaliste de Reuters présent sur place, des petits groupes de manifestants ont brûlé des pneus et des drapeaux français et des affrontements parfois violents les ont opposés aux policiers. Une trentaine de personnes ont été interpellées, d'après Wakit Tamma, une coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile.

Le porte-parole de la police a confirmé des actes de "vandalisme" et des arrestations, sans préciser le nombre de personnes concernées.

Selon un porte-parole du Parti réformiste, le président de cette formation d'opposition, Yacine Abderahmane, figure parmi les manifestants interpellés.

La tension règne dans la capitale tchadienne depuis l'annonce de la mort au combat le 19 avril d'Idriss Déby, qui dirigeait le pays depuis 1990 et venait tout juste d'être réélu, l'armée ayant immédiatement installé à la tête du pays un conseil militaire dirigé par le propre fils de l'ancien président, Mahamat Idriss Deby, qui a promis la tenue d'élections démocratiques dans un délai de 18 mois.

Même si l'armée a confié à l'ancien Premier ministre Albert Pahimi Padacke - un civil - la direction d'un nouveau gouvernement, plusieurs dirigeants d'opposition ont dénoncé un coup de force des militaires et appelé à manifester.

Le président français Emmanuel Macron a assisté aux obsèques d'Idriss Déby et Paris, qui souhaite préserver la stabilité du pays, a depuis appelé à plusieurs reprises à une transition pacifique.

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, qui dirige actuellement l'Union africaine (UA) a déclaré mardi lors d'une conférence de presse à Paris, en marge d'un sommet sur les économies africaines, qu'une "reprise en main musclée" était nécessaire pour éviter le désordre à la mort de l'ancien président du Tchad, "menacé par des hordes de rebelles et par des terroristes".

Pour autant, "cela ne veut pas dire que le CMT (Conseil militaire de transition-NDLR) a un blanc-seing de l'UA et de la communauté internationale", a-t-il ajouté.

(Mahamat Ramadane, version française Myriam Rivet, édité par Nicolas Delame)