Tchad: le forum sur la nouvelle Constitution sous le feu des critiques avant son ouverture

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Les travaux du deuxième forum national inclusif chargé d’évaluer la nouvelle Constitution en place depuis 2018 s'ouvrent ce 29 octobre. Durant trois jours, les participants évalueront le texte fondamental qui consacre, entre autres, la suppression du poste de Premier ministre et l’instauration d’un serment confessionnel. Ces décisions sont contestées par une bonne partie de la classe politique qui ne s’entend pas sur la nécessité ou non de participer au rendez-vous.

Avec notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

Pas moins de 600 participants sont attendus à ce forum contre 900 lors de la précédente édition, la faute au Covid-19, expliquent les organisateurs.

Cet argument ne convainc pas certains opposants, notamment le porte-parole de la Convention des partis insoumis (CPI), maître Théophile Bongoro, qui ne participera pas au forum. Il estime que le chef de l’État aurait pu tirer les conséquences de la non participation d’une bonne partie de l’opposition au précédent forum. « Le président aurait été touché, il aurait élargi pour dire : "c’est ma faute, j’aurais voulu tirer la couverture à moi, mais tirant les leçons de cet échec patent, je voudrais que tout le monde y passe cette fois-ci", déclare-t-il. Ce ne fut pas le cas, mais vraiment c’est à notre désarroi ».

L'opposition ne parvient pas à parler d'une seule voix

Le chef de l’opposition démocratique, Romadoumngar Félix Nialbé, ne se fait pas d’illusions non plus sur la légitimité et la représentativité du forum, mais il entend y participer par devoir politique pour exiger des changements parmi lesquels « rétablir la primature, restaurer le caractère laïc de l’État en supprimant le serment confessionnel, rétablir l’âge de la candidature à l’élection présidentielle à 35 ans pour éviter l’exclusion d’une tranche majoritaire de la population à cette haute fonction de la République ».

Pendant ce temps, des contre-forums et réunions d’évaluations de la nouvelle Constitution sont organisés. Mais les adversaires du maréchal Idriss Déby n’arrivent toujours pas à parler d’une seule voix.

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