Tchad : un "dialogue national" lancé en l'absence d'importants groupes rebelles

Mettre fin à des décennies de troubles et d'instabilité, c'est l'ambition de l'accord signé ce lundi entre les autorités tchadiennes et une quarantaine de factions rebelles. L'arrangement a été validé à Doha au Qatar, après cinq mois de négociations sous l'égide de l'émirat. Il doit ouvrir la voie à la tenue d'un dialogue national pour la paix prévu à N'Djamena le 20 août.

"un moment clé pour le peuple tchadien"

Si le chef de l'ONU, Anontio Guterres, a salué "un moment clé pour le peuple tchadien". L'accord souffre de l'absence de deux des principaux groupes rebelles du pays qui ont refusé d'y prendre part. Parmi eux, le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), un groupe à l'origine de l'attaque ayant en avril 2021 tué le maréchal Idriss Déby, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans.

Depuis c'est son fils Mahamat Idriss Déby Itno qui a repris le pouvoir à la tête d'une junte militaire. Aux chefs rebelles qui ont signé l'accord, le pouvoir propose un cessez-le-feu et des garanties de sécurité. Le dialogue national à N'Djamena doit mener à l'organisation d'une élection présidentielle prévue en octobre.

Le général Mahamat Idriss Déby Itno laisse planer le doute sur un report de ce scrutin de 18 mois mais Paris, l'Union africaine et l'Union européenne poussent pour qu'il ne touche pas à ce délai.

Le Tchad, membre du G5 Sahel, est considéré comme un partenaire clé dans la lutte antijihadiste des Occidentaux, à commencer par la France, en Afrique centrale et de l'Ouest.