Tchad: les contours du prochain dialogue inclusif tardent à prendre forme

Est-ce la dernière ligne droite pour la tenue du dialogue inclusif, prévu le 10 mai prochain ? Si le dialogue entre chefs rebelles et autorités à Doha semble s’éterniser, à N'Djamena, le comité d’organisation assure qu’il reste simplement à déterminer l'agenda et la liste des participants. Mais dans la capitale, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer les travaux préparatoires du comité d’organisation. Une partie de la classe politique dénonce notamment les thèmes retenus qui seront abordés lors de cette grande messe.

Avec notre correspondante à N’Djamena, Aurélie Bazzara-Kibangula

Au dialogue national, il sera question de paix, de cohésion nationale ou encore de réforme de l’armée, selon les derniers rapports du comité d’organisation. Mais pour Salibou Garba, le coordinateur de la Convergence des organisations politiques, il manque une question essentielle, celle de la transition. « Le contenu est au service du CMT (Conseil militaire de transition). Les thèmes sont façonnés, c’est comme si on allait à un séminaire, on vous pose des questions, on vous demande ce que vous pensez de ça, et on adopte un contenu. Ça ne peut pas marcher comme ça. Le dialogue, c’est pour asseoir une bonne transition. On ne peut pas éluder les questions liées à la transition, les questions des institutions, d’abord la Chartre, les organes, la feuille de route et l’agenda. »

Même position du côté de Succès Masra. Le président des Transformateurs estime qu’il faut reprendre toute l’organisation du dialogue et mettre en place un organe indépendant. Mais, pour Jean-Bernard Padaré, le porte-parole du MPS, ancien parti au pouvoir, peu importe les préparatifs, le dialogue doit se tenir au plus vite pour respecter le délai de 18 mois : « Nous nous focalisons sur ces thèmes, mais le plus important, c’est qu’on adopte la Constitution, qu’on fasse voter le code électoral, qu’on mette en place le bureau permanent des élections et la CENI, pour qu’on aille aux élections. Modifier la chartre, pour nous, c’est des fariboles. »

La classe politique reste unanime sur un point : la présence des chefs rebelles est indispensable pour que le dialogue national soit réellement inclusif.

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