Tchad: à Ndjamena, les militants du parti Les Transformateurs obligés de se cacher

AFP - DJIMET WICHE

Depuis violences du 20 octobre à Ndjamena, les autorités accusent le parti d’opposition les Transformateurs d’avoir fomenté une insurrection armée. Le président du parti, Succès Masra, a fui le pays, son vice-président a quitté le mouvement pour créer sa propre formation. Les militants de base, eux, vivent dans la peur et se disent traqués.

Avec notre envoyé spécial à Ndjamena, Sébastien Németh

Les Transformateurs se méfient de tout et de tout le monde. Pour les rencontrer, il faut gagner leur confiance et organiser un rendez-vous discret, à l’abri des regards.

Blaise a 25 ans et se sent traqué au quotidien. « On est vraiment stressé, on est caché, on dort chez les voisins, ma vie est en danger. Les gens nous cherchent même par téléphone, on reçoit des appels. »

C’est justement à ce moment-là que Blaise reçoit un de ces appels suspects. Il décroche : « Je ne le connais pas et il me dit qu’il y a une personne qui m’a envoyé un colis pour lui et que je dois lui remettre, mais je ne sais pas qui c’est. C’est peut-être un piège. »

« Avant, il y avait la peur… »

À côté de lui, Emmanuel a, lui aussi, reçu ce genre de coups de fil, mais aussi plusieurs visites inquiétantes en pleine nuit malgré le couvre-feu. « À deux heures du matin, il est venu toquer, je lui ai demandé : “Qui tu es ? Qu’est-ce que tu veux ? ”, il me dit d’ouvrir la porte. Si on ouvre la porte, peut-être qu’ils vont entrer et puis prendre tout le monde. C’est une manière de nous effrayer pour abandonner le parti les Transformateurs. »

Malgré leur détermination, tous le confirment, les Transformateurs sont affaiblis, mais« Inch Allah, le parti survivra. »


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