Taxer les superprofits ? Au Medef, c’est pas gagné

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SUPERPROFITS - Le HuffPost avait peu de doutes, en se rendant à la rentrée du Medef qui se tenait ces 29 et 30 août, sur les réponses qu’allaient lui donner les patrons. « Taxer les superprofits, c’est une bonne idée ? » n’a en effet jamais déclenché une réponse positive et inconditionnelle. Pourtant, selon un sondage réalisé pour Le HuffPost, 60 % de la population française est favorable à la taxation des superprofits. Le fait que le ministre de l’Économie Bruno Le Maire balaie la possibilité d’une supertaxe pendant son intervention au Medef les a confortés dans leur position, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

« C’est quoi un superprofit ? Je ne sais pas »

« Non, l’État ne fait pas de surprofit ». Lors de l’ouverture de la rencontre des Entrepreneurs de France - la rentrée du Medef -, c’est ainsi que la Première ministre a répondu au patron des patrons qui avait dit quelques heures plus tôt, que « le plus grand superprofiteur finalement, c’était l’État ». Au lendemain de cette pique ministérielle, Bruno Le Maire s’est emparé du sujet (un peu forcé par son intervieweuse, la journaliste Ruth Elkrief) : « c’est quoi un superprofit ? Je ne sais pas ce que c’est. Tout ce que je sais, c’est que les entreprises doivent être profitables ». Applaudissements de son auditoire, composé majoritairement de chefs d’entreprise. Tout au long de ces deux jours de rencontres et de débats, la polémique n’a cessé d’enfler, poussée par les déclarations (un peu contradictoires) des ministres.

Dans les rangs des participants, cette hypothétique taxe est inutile, pis, elle est contre productive : « si on commence à taper sur nos grosses boîtes, on va à la ruine » résume Guy Buisson, président du Medef de Rouen et lui-même chef d’entreprise. À proximité, on abonde : « ces entreprises ont parfaitement les moyens de faire des délocalisations fiscales quand l’impôt devient intolérable ». Le risque, pour la quasi-totalité des chefs d’entreprises interrogés, c’est de voir ces multinationales déménager et ne plus payer du tout d’impôt en France.

Quid en temps de crise ?

C’est le patron des patrons Geoffroy Roux de Bézieux qui a expliqué les craintes des entrepreneurs, résumée ainsi par le cofondateur de WeWard, Yves Benchimol : « S’il y a des bonnes périodes, il y a aussi des périodes de crise. Il faudrait que cette taxe soit fléchée pour qu’elle puisse, si besoin, aider l’entreprise lorsqu’elle traverse des épreuves ». Pour d’autres, ces superprofits sont de toute façon « réinvestis » dans l’innovation et la recherche et donc « profitent à tous ».

« Même si ces gens qui ont des superprofits s’achètent des super jets et des super piscines, ça fait des super emplois », explique Bertrand Neyrand, paraphrasant (tout en polémique) la théorie du ruissellement.

Initialement envisagée pour financer la lutte contre le réchauffement climatique, la taxation des superprofits n’est pas non plus la solution adéquate pour le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu : « La question de ce qu’on fait pour ceux qui ont gagné beaucoup les douze derniers mois, ce n’est pas à la hauteur des enjeux qui sont devant nous ». D’abord Bruno Le Maire ensuite Christophe Béchu, déjà deux ministres qui désavouent leur cheffe de file Élisabeth Borne.

À voir également sur Le HuffPost : La sobriété ou le rationnement, la mise en garde de Borne aux patrons

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