Taxe foncière à Paris : Hidalgo et le gouvernement se renvoient la balle après une hausse exceptionnelle

Taxe foncière à Paris : Hidalgo (ici avec Gérald Darmanin et Elisabeth Borne, le 6 septembre 2022) et le gouvernement se renvoient la balle après une hausse exceptionnelle
CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP Taxe foncière à Paris : Hidalgo (ici avec Gérald Darmanin et Elisabeth Borne, le 6 septembre 2022) et le gouvernement se renvoient la balle après une hausse exceptionnelle

POLITIQUE - A qui la faute ? Anne Hidalgo a annoncé, lundi 7 novembre, sa décision d’augmenter de plus de 50 % la taxe foncière à Paris pour faire face aux crises en tous genres. Depuis, la mairie de la capitale et le gouvernement d’Élisabeth Borne se renvoient la balle sur la responsabilité de cette hausse inattendue.

L’édile socialiste a mis les pieds dans le plat en premier. C’est elle qui a accusé l’État, et l’exécutif, dans sa lettre aux habitants de la capitale, pour justifier son revirement majeur par rapport à la dernière campagne électorale parisienne. En clair, Anne Hidalgo se dit obligée d’augmenter les impôts locaux car le gouvernement n’accompagne pas assez les collectivités territoriales. À en croire l’ancienne candidate à la présidentielle.

« Toutes les communes de France sont aujourd’hui confrontées à une situation très difficile qui, malheureusement, n’a pas été prise en compte par le gouvernement », cingle-t-elle dans sa missive en expliquant qu’Élisabeth Borne et ses ministres ont « refusé » toutes les propositions pour réduire l’impact économique des crises sur les mairies et autres collectivités. Une accusation qui ne passe pas du tout du côté des principaux concernés.

Le gouvernement réplique

Après les réactions agacées de Gabriel Attal, le ministre des Comptes publics ou de Clément Beaune, son collègue aux Transports élu à Paris, c’est Christophe Béchu qui porte la réplique. Le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires appelle la maire de Paris à « prendre ses responsabilités », tout en citant, selon ses mots, quelques « vérités utiles ».

L’ex-maire d’Angers évoque par exemple l’augmentation de la DGF, la dotation globale de fonctionnement à l’attention des collectivités. « Une première depuis 13 ans », se félicite Christophe Béchu en parlant également de l’enveloppe de 2,5 milliards d’euros débloquée « pour protéger nos collectivités contre l’inflation » ou de la création d’un fonds vert pour 2 autres milliards.

La veille, Gabriel Attal, l’homme qui tient les cordons de la bourse, avait déjà vertement ciblé la maire de la capitale et ses justifications. « Comme souvent avec madame Hidalgo, l’État a bon dos », a ainsi répliqué le ministre des Comptes publics devant la presse à l’Assemblée nationale. Car, selon lui, « l'État a accompagné fortement la ville de Paris », mais il ne peut pas « combler les problèmes de gestion de la Ville de Paris » et son « absence de réformes de structure ».

L’ancien porte-parole du gouvernement fustigeait également le fait qu’il y a « plus de fonctionnaires à la Ville de Paris qu’à la Commission européenne, fonctionnaires qui ne sont toujours pas aux 35 heures ».

La mairie de Paris persiste

De quoi convaincre la majorité parisienne ? Pas vraiment. Le ping-pong continue, ce mardi, entre les différents acteurs. Sur les réseaux sociaux, Ian Brossat, l’adjoint communiste à la mairie de la capitale, répond à Christophe Béchu que Paris « ne touche pratiquement plus la dotation générale de fonctionnement », que le ministre évoque. Ce qui est vrai.

Dans le même esprit, son collègue Paul Simondon, adjoint d’Anne Hidalgo en charge des finances de la ville, étrille « un festival de fake news » de la part de Gabriel Attal. En sept messages, publiés sur les réseaux sociaux, le socialiste explique que les 35 heures sont bien appliquées à Paris depuis le 1er janvier, que la capitale « verse plus en solidarité avec les autres territoires qu’elle ne reçoit de l’État » depuis trois ans, et que le nombre de fonctionnaires en son sein se justifie.

« Quelle crèche est tenue par des agents de la commission, quelle cantine, quelles poubelles sont ramassées… ? », fait mine de s’interroger l’adjoint, sur Twitter, avant de cingler : « Quelle confusion affligeante pour un ministre ! »

Au-delà de ces échanges acerbes, réguliers entre la mairie de Paris et le gouvernement, Anne Hidalgo n’est pas la seule à se plaindre du désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales. Ce n’est pas pour rien que certaines associations d’élus critiquent le budget qui leur est alloué cette année comme une « aumône », en réclamant par exemple l’indexation de la DGF sur l’inflation.

Dans ce contexte, nombreuses sont les communes à augmenter leur impôt local. En moyenne, elle a grimpé de 5 % dans les 200 plus grandes villes françaises entre 2021 et 2022. Et à ce petit jeu, c’est Angers, qui détient le record de la taxe foncière la plus élevée. Le taux s’établit à 56,4 % dans la ville administrée jusqu’en juillet dernier par… Christophe Béchu.

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