Un taux de chômage trois fois plus élevé chez les jeunes en Chine

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Les nouveaux règlements dans le secteur de la high-tech rendent plus difficile l’accès à l’emploi d’une partie des jeunes diplômés en Chine. Le taux de chômage des 16-24 ans dépasse les 15%, c’est trois fois plus que la moyenne nationale.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

La moquette épaisse et les parquets atténuent à peine les éclats de voix. Les jeunes diplômés, parfois accompagnés de leurs parents, se pressent devant les stands de ce salon de l’emploi juché dans les étages d’un grand hôtel du nord de Pékin.

« Je n’ai pas vu de postes pour moi pour l’instant, se lamente cette architecte débutante qui arrive de province et qui veut tenter sa chance dans la capitale. La situation n’est pas bonne cette année. Le marché immobilier est affecté, il y a peu d’offres intéressantes. Je vais chercher du côté des grandes entreprises qui ont les moyens de lancer des grands projets. »

Un facteur d’instabilité sociale

Les grandes entreprises qui siphonnent les embauches avant même la fin des études, un marché de l’emploi atone en raison notamment des nouvelles régulations visant à relever les conditions de travail dans les entreprises : le taux de chômage des 16-24 ans a dépassé les 15,3% en août dernier. Mais certains secteurs peinent à recruter et cette DRH, sur le stand d’une chaîne d’agence immobilière, soupire : « C'est tellement difficile de trouver des candidats aujourd’hui. Avec la pandémie, le marché du travail a changé. Les entreprises ont augmenté les salaires pour conserver leurs employés. Et la plupart des jeunes veulent aujourd’hui travailler pour les géants de l’internet. Ils espèrent devenir riches du jour au lendemain. »

Certains diplômés des universités hésiteraient ainsi à accepter des postes et des premiers salaires autour de 1 000 euros ou à se déplacer dans certaines régions. Ce qui contribue à accentuer le déséquilibre structurel entre l’emploi des jeunes et la moyenne nationale. Un phénomène observé comme le lait de soja sur le feu par les pouvoirs publics, car facteur d’instabilité sociale. La deuxième économie du monde prévoyait de créer 55 millions d’emplois urbains d’ici à 2025, dont 11 millions cette année.

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