Tauromachie, chasse et flamenco : une campagne “typiquement espagnole” en Andalousie

PHOTO MARCELO DEL POZO/REUTERS

La tauromachie, la chasse et le flamenco. Ces trois thèmes ont investi d’une manière assez surprenante la campagne électorale “typiquement espagnole” des élections législatives en Andalousie, d’après le site d’information El Confidencial, de tendance libérale conservatrice. Les électeurs de cette région autonome de 8,5 millions d’habitants, la plus peuplée d’Espagne, sont appelés aux urnes le dimanche 19 juin. Bastion socialiste historique, l’Andalousie est aux mains du Parti populaire (PP, droite) depuis 2018. Le PP du président de la région, Juan Manuel Moreno, a gouverné avec le soutien du parti de centre droit Ciudadanos et celui de la formation d’extrême droite Vox.

Le précédent scrutin andalou, en décembre 2018, avait permis à Vox, parti fondé en 2014, d’obtenir ses premiers succès électoraux d’envergure en Espagne. Il avait raflé près de 11 % des voix. Depuis, “l’Andalousie s’est droitisée”, constate El País, proche des socialistes espagnols :

“En trois ans et demi, la région autonome a connu un changement vertigineux qui a fait pencher l’électorat de gauche modérée [le vivier du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) dans la région] vers des positions plus conservatrices.”

Les thèmes traditionnels s’inscrivent dans les programmes électoraux andalous, aussi bien à droite qu’à gauche, remarque El Confidencial. Comme dans ses précédentes campagnes électorales, Vox brandit des symboles et clichés 100 % espagnols “jusqu’alors invisibles dans la sphère électorale, parfois proscrits, mais qui se sont avérés efficaces pour attirer les votes”.

Preuve s’il en faut, la tête de liste de Vox en Andalousie, Macarena Olona, s’est affichée il y a quelques semaines en compagnie du célèbre matador Morante de la Puebla dans les arènes de Séville, quelques jours avant de porter un tee-shirt à son effigie au Congrès des députés espagnols, où elle siège.

En face, ses principaux adversaires, que ce soit le PP ou le PSOE, prennent le soin de séduire le monde de la tauromachie (“la corrida est l’un des spectacles qui suscitent le plus d’intérêt”, elle passionne 25 % de la population andalouse, selon El Confidencial), de la chasse (les chasseurs représentent “un demi-million de voix, selon les estimations des partis”) ou les tenants de la culture populaire et de l’identité régionale (à commencer par les amateurs de flamenco, “l’un des symboles andalous les plus universels et les plus partagés”).

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