Taro Izumi, statuts renversés

Libération.fr

Au Palais de Tokyo, les installations du Japonais invitent le public à rejouer des situations symboliques.

Mirages et illusions nous accueillent dès l’entrée de «Pan», première exposition solo de l’artiste japonais Taro Izumi à Paris, organisée par le Palais de Tokyo : en pénétrant dans la première pièce, on se retrouve face à un mur de briques dans la pénombre. On comprend qu’il s’agit d’une projection lorsque l’image tressaute. A côté, un petit écran montre un jeune homme devant un mur. Taro Izumi présente plusieurs installations de grandes dimensions. Il utilise non seulement des objets du quotidien pour créer des œuvres d’art mais travaille également différents supports - photos, images extraites des médias et vidéos -, élaborant des formes d’inspiration humaine ou, plus précisément, des structures sur lesquelles le visiteur peut prendre place et qui le forcent à adopter une position physique inhabituelle. Ces séries de machines parodiques et non fonctionnelles que Taro Izumi fabrique lui-même proposent ainsi aux visiteurs de reproduire une image symbolique ou un moment à couper le souffle, comme lorsqu’un sportif ou un héros populaire se trouve dans une situation accidentelle ou mémorable. Invité à imiter ces icônes du sport en se positionnant sur des meubles inconfortables, le corps du visiteur (souvent non entraîné) est ainsi placé dans la même posture que celle de l’image de référence. Les installations de Taro Izumi ne nécessitent pas de compétences athlétiques et donnent à chacun la possibilité de devenir un symbole, d’autant qu’elles se composent d’objets courants. Chaises, tables ou canapés transformés perdent ainsi leur fonction d’origine pour devenir partie intégrante de l’installation, dispositif qui nous permet d’être admirés, nous qui, d’ordinaire, ne faisons qu’observer ou encourager.

Une autre section de l’expo est occupée par une vaste installation. On avance dans une pièce dont le sol est recouvert de chaussures fixées au moyen de clous. Chaque (...)

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