Le tarif des courses en VTC plafonné à 7,65 euros minimum par trajet

Un accord a été trouvé avec une majorité des syndicats du secteur VTC pour permettre de définir un nouveau tarif minimum d’une course. Ce qui devrait également faire évoluer le prix pour les utilisateurs (photo d’illustration).
ROBYN BECK / AFP Un accord a été trouvé avec une majorité des syndicats du secteur VTC pour permettre de définir un nouveau tarif minimum d’une course. Ce qui devrait également faire évoluer le prix pour les utilisateurs (photo d’illustration).

TRANSPORT - Il faudra sans doute débourser un peu plus pour les trajets en VTC dès le 1er février. Après plusieurs mois de négociations, ce mercredi 18 janvier, plusieurs syndicats de chauffeurs VTC et les plateformes se sont entendus autour d’un accord pour imposer un revenu minimum de 7,65 euros net par course. Même si cet accord reste encore trop peu ambitieux pour certains syndicats minoritaires.

Depuis octobre dernier, ces négociations ont pour but de revaloriser le tarif minimum d’une course en VTC. Jusqu’alors situé entre 6 et 10 euros bruts selon les plateformes. L’accord, qui prévoit la mise en place d’un revenu minimum par trajet à partir du 1er février, ferait ainsi grimper le prix de la plus petite course à environ 10,20 euros pour le passager sur une application comme Uber, en prenant en compte les commissions des plateformes.

Les signataires sont l’Association VTC de France (AVF), qui pèse à elle seule 42,8 % des voix, la Fédération nationale des autoentrepreneurs et microentrepreneurs (FNAE), la CFTC et l’Unsa. Cet accord « inédit en France » va permettre « une augmentation de plus de 27 % par rapport au plus bas revenu minimum net actuel », ont salué ces organisations dans un communiqué commun.

Rapidement, le gouvernement s’est félicité de ce premier accord. Le ministre des Transports, Clément Beaune a salué dans un communiqué la concrétisation du dialogue social souhaité par le gouvernement. « Je salue cette avancée qui témoigne de notre capacité en France à favoriser un secteur dynamique tout en renforçant les droits des travailleurs des plateformes de la mobilité (VTC). Nous sécurisons ainsi notre modèle qui crée de l’emploi et de la richesse au travers du dialogue social ».

Petit trajet, rentabilité nulle

Toutefois, l’accord signé ce mercredi est loin de faire l’unanimité parmi les organisations syndicales du secteur où le dialogue social reste encore balbutiant. Trois syndicats sur sept ont refusé de signer l’accord, car trop peu ambitieux à leur goût. Ces trois syndicats, minoritaires ne devraient cependant pas empêcher la mise en place de cet accord à partir du 1er février.

Pour Union (affilié à la CFDT), l’Association des chauffeurs indépendants lyonnais (Acil) et FO - 32,1 % à eux trois -, cet accord reste encore insuffisant. Le nouveau tarif minimum « ne changera rien dans l’activité quotidienne » des chauffeurs, a dénoncé Union dans un communiqué. En effet, « La plupart » des VTC « n’acceptent pas les ’petites courses’ jugées non rentables face à l’augmentation des prix du carburant et aux conditions de circulation », explique à ce titre le syndicat.

Du côté de Uber, où le revenu minimum par course est actuellement de 6 euros, on salue toutefois cet accord même si « beaucoup de ces courses étaient déclinées car pas assez rémunératrices », acquiesce auprès de l’AFP Laureline Seyries, manager général d’Uber France. D’après elle, cet accord « va entraîner un meilleur taux d’acceptation des courses pour les chauffeurs et une meilleure fiabilité ». Le volume de courses refusées pourrait reculer de 5 à 10 %, selon Laureline Seyries.

Pas encore convaincu, le syndicat Union réclame l’ouverture de discussions sur l’instauration d’un revenu minimum à l’heure ou au kilomètre afin de « garantir une vraie rentabilité du secteur », en rémunérant par exemple les temps d’approche.

D’« autres problématiques » à négocier

Si les quatre syndicats signataires se sont entendus avec les plateformes sur ce premier accord, qu’ils ont d’ailleurs qualifié de « première étape », ils ont également fait part de leur intention d’ouvrir « un nouveau chapitre afin de négocier les autres problématiques ».

Uber, qui compte 32 000 chauffeurs utilisant sa plateforme, se dit ouvert au dialogue mais « la prise en charge du nombre d’heures passées sur la plateforme pose question » car les chauffeurs peuvent utiliser plusieurs applications en même temps, insiste Laureline Seyries.

Par ailleurs, le gouvernement a d’ores et déjà fait savoir que cet accord fera l’objet d’un réexamen annuel afin d’envisager sa réévaluation, notamment en tenant compte de la conjoncture économique.

Depuis mai dernier, la toute nouvelle Autorité de régulation des plateformes d’emploi (Arpe) est censée organiser le dialogue social dans le secteur des chauffeurs VTC et de la livraison de repas, très déficients en matière de droits sociaux.

Les premières élections organisées au printemps 2022 ont rencontré un très faible succès avec seulement 1,83 % de participation chez les livreurs et 3,91 % chez les VTC.

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