Tarbes: un gynécologue poursuivi pour ne pas avoir détecté la trisomie 21 d'un enfant à naître

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Le tribunal de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées.  - Capture d'écran - Google Street View
Le tribunal de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. - Capture d'écran - Google Street View

Le docteur Lahrizia, poursuivi pour "mise en danger d'autrui" et "usurpation de titre, diplôme ou qualité", est soupçonné d'avoir usurpé le diplôme nécessaire pour détecter les cas de trisomie 21 lors des échographies prénatales. Une fausse déclaration qui l'a amené à faire des erreurs lors de la prise en charge d'une de ses patientes, Cécile Ferrier, en 2011.

Alors qu'il devait être jugé vendredi, son procès a été reporté, l'avocat de la défense ayant été testé positif au Covid-19. Il comparaîtra le 2 septembre.

La mère d'Anthony, maintenant âgé de 10 ans et atteint de trisomie 21, a porté plainte: les erreurs du médecin l'ont empêchée de choisir si elle voulait garder ou non l'enfant à l'époque.

Il aura fallu attendre vingt-quatre heures après son accouchement pour que Cécile Ferrier soit informée du syndrome dont son nouveau-né est atteint. Pourtant, son gynécologue, qui déclarait être apte à détecter les cas de trisomie 21, ne détecte aucune anomalie lors de sa grossesse.

"L'enfant aurait dû être diagnostiqué"

"Pour le docteur, toutes les échographies étaient normales. C'était ce qui était noté sur les échographies. Mais en fait, il s'avère qu'il y avait des anomalies", notamment un retard de croissance, explique Cécile Ferrier.

"Si on reconstruit le puzzle, aujourd'hui, l'enfant aurait dû être diagnostiqué trisomique 21", conclut la jeune femme. Ce n'est qu'à la dernière échographie qu'il a repéré le problème.

"On a décidé de ma vie", estime la mère d'Anthony.

Un faux diplôme

Comment expliquer cette erreur médicale? Au cours de l'enquête, les expertises établissent que le docteur a usurpé un diplôme le déclarant apte à détecter les cas de trisomie 21. "Ils n'ont pas eu l'information parce qu'on a à faire à un médecin qui n'a pas les compétences", confirme Maître Terquem, l'avocat de la famille.

En portant plainte contre lui, Cécile Ferrier espère que le médecin sera condamné et qu'il ne pourra plus exercer. Le prévenu encourt un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende.

En 2017, le CHU de Limoges avait été condamné pour une erreur de calcul similaire, suite à la plainte de parents non informés de la présence du syndrome chez leur enfant. Le tribunal administratif de Limoges estimait alors que ce manquement avait empêché la mère "d'exercer son choix de recourir à une interruption médicale de grossesse".

Article original publié sur BFMTV.com

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