"Ils me tapaient, me poussaient": Yasmine, 8 ans, raconte le harcèlement scolaire qu'elle a subi

Yasmine, élève de CE2, confie à BFMTV avoir été victime de harcèlement scolaire. - BFMTV
Yasmine, élève de CE2, confie à BFMTV avoir été victime de harcèlement scolaire. - BFMTV

Le phénomène persiste. Entre insultes et bousculades, de nombreux enfants continuent de subir les moqueries de la part de certains camarades, alors que se profile la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire jeudi 10 novembre.

La Première dame Brigitte Macron et le ministre de l'Éducation Pap Ndiaye sont en déplacement ce lundi dans un collège de Seine-et-Marne pour promouvoir la sortie d'un clip promotionnel sur le sujet.

"Ils me tapaient, me poussaient"

La rentrée des classes n'a pas été un bon souvenir pour Yasmine, élève de CE2. Très vite, elle est prise à partie par deux garçons de son école.

"Ils me tapaient, ils m'embêtaient, ils me poussaient et je tombais des fois à cause d'eux", se souvient la petite fille, qui raconte au micro de BFMTV que le phénomène a commencé en classe, avant de continuer en récréation.

Au fil des jours, Yasmine perd l'appétit. Ses parents la voient devenir plus agressive, lui trouvent un air triste. L'alerte est finalement donnée auprès de son institutrice qui se veut rassurante.

"J'ai cru la maîtresse, mais il n'a pas arrêté", confie la fillette avec un sourire triste.

Pas de réaction de l'école

Faute de réponse de la part du corps enseignant, la famille de la petite fille se résigne et choisit de la changer d'école. La décision a un effet immédiat: Yasmine va mieux et retrouve le sourire. Ses parents déplorent cependant l'attentisme de l'équipe scolaire.

La mère de la fillette affirme avoir mis en garde les enseignants à l'égard de petits garçons qui "tapent, enferment les filles dans les toilettes, déchirent les manteaux, urinent sur les cartables". Pourtant, elle n'est pas prise au sérieux.

"On me dit: 'mais c'est des enfants'", s'agace Alia.

Un manque de formation des enseignants

Les associations de lutte contre le harcèlement scolaire dénoncent une forme de déni de certaines situations dans les établissements scolaires.

"On a tendance à dire: 'petit enfant, petit problème, c'est des chamailleries, ça va passer'", déplore Mathilde Zrida, thérapeute à l'association Marion La main tendue.

"L'insuffisance de formation est réelle, évidemment des enseignants, mais également de tous les acteurs de la communauté éducative", estime-t-elle.

D'autant que le phénomène ne faiblit pas: depuis la rentrée, l'association Marion La main tendue reçoit trois à quatre fois plus de demandes d'aide de la part des familles que l'an dernier à la même époque.

Article original publié sur BFMTV.com