Tanzanie: la répression continue, plusieurs figures de l'opposition arrêtées

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En Tanzanie, l’opposition avait appelé à des manifestations massives et pacifiques ce lundi 2 novembre après la réélection du président Magufuli. Elle crie à la fraude massive et dénonce les multiples arrestations dans ses rangs. Ce lundi, la répression continue.

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Tundu Lissu, le principal opposant et candidat malheureux à la présidentielle, a été à son tour arrêté cet après-midi. Selon son avocat, il a été amené au commissariat central. Plus tôt dans la journée, le chef du parti Chadema, Freeman Mbowe, a été interpellé avec deux autres responsables. D’après le mouvement, ils seraient accusés de terrorisme.

Zitto Kabwe, du mouvement ACT-Wazalendo, a lui décrit une descente de police dans les bureaux du parti, ce lundi matin. Il aurait échappé à l’arrestation. Il continue à appeler à manifester pacifiquement.

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Sans entrer dans le détail, les autorités ont reconnu avoir mené plusieurs coups de filet. Alors que les adversaires du président Magufuli avaient appelé à manifester aujourd’hui, le chef de la police de Dar Es Salam a expliqué que certains opposants planifiaient des violences et avaient convaincu des jeunes de brûler des voitures, des stations-service ou encore des pneus. Lazaro Mambosasa a précisé que les marches d’aujourd’hui n’avaient pas été autorisées.

L’opposition avait appelé à des manifestations massives et pacifiques pour contester le processus électoral. John Magufuli a été réélu vendredi 30 octobre avec 84% des voix et le Parlement est quasi monocolore en faveur du CCM, parti au pouvoir. De nombreux observateurs internationaux ont mis en doute la crédibilité du processus et demandé l’arrêt des violations des droits de l’homme.

Après cette nouvelle vague répressive, Donald Wright, l’ambassadeur des Etats-Unis dans le pays, s’est dit « très inquiet ». Il a demandé au gouvernement « d’assurer la sécurité des leaders d’opposition, de cesser les interpellations ciblées et de libérer les détenus ». Mais le pouvoir reste droit dans ses bottes. Le nouveau président du territoire de Zanzibar, Hussein Mwinyi, a prêté serment. Le chef de l’Etat, John Magufuli fera de même jeudi.