Tam Tam pour Manu Dibango, emporté par le coronavirus

On n’entendra plus le Lion, comme on le surnommait, faire rugir son saxo. Le Covid-19 aura eu raison de cette force de la nature.

Il était en pleine forme, encore sur scène le mois passé avec un projet qu’il avait monté en 2019 et qui le ravissait. Un « Safari Symphonique » rassemblant quelque 50 musiciens pour honorer son répertoire mais aussi celui de grands jazzmen comme Duke Ellington ou Count Basie. Il fêtait ainsi ses 60 ans de carrière. « Un morceau n’est jamais mort, aimait-il répéter. C’est là la différence avec les orchestres classiques qui jouent Beethoven exactement pareil que lui. Avec nous, deux et deux ne font peut-être pas quatre ». Compositeur, saxophoniste et multi-instrumentiste, arrangeur, chanteur, Manu Dibango était un formidable chef d’orchestre. Le coronavirus aura eu raison de cette force de la nature. Dibango est mort ce 24 mars 2020, à l’âge de 86 ans.

Né à Douala, débarqué en France pour faire des études à l’âge de 15 ans – avec dans ses bagages ses fameux Trois kilos de café pour payer sa pension et dont il fera son autobiographie éponyme – il joue et dirige une multitude de grandes formations. En Belgique, où il s’installe tout jeune, puis au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo) à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) où il officie au sein de l’African Jazz. A Paris, quand il retrouve la France dans les années 60, il prend la direction de l’orchestre de Nino Ferrer pendant quatre ans. Puis crée en 1967 son propre big band. Plus tard, il sera à la tête de l’orchestre de la RTI (Radio télévision ivoirienne).

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