Tallies L’âge de l’innocence

Libération.fr

Le jeune groupe canadien reprend de belle manière le flambeau dream pop-shoegaze.

Même en ces temps troublés, on peut avancer que le concept de feel good, qui a fait naître depuis une dizaine d’années tant de films, disques ou livres censés nous faire «sentir bien», ne produit le plus souvent que des niaiseries aussi «positives» qu’aseptisées. L’art est-il vraiment fait pour qu’on se sente bien ? Laissons là ces considérations de troisième cycle pour écrire exactement le contraire : le premier album des Canadiens Tallies est bon car il fait du bien.

La douce euphorie que l’on ressent à l’écoute de ces onze chansons acidulées comme des bonbons au citron est aussi agréable qu’addictive. Ces envolées oniriques, se réclamant de The Sundays, évoquent certains disques dream pop ou shoegaze de la fin des années 80, comme ceux de Cocteau Twins ou même de My Bloody Valentine dans une version apaisée, sont délicieuses.

Tallies est né autour du couple formé par la chanteuse Sarah Cogan et le guitariste Dylan Franklang. Ils se sont rencontrés en suivant une formation d’ingénieurs du son dans une célèbre école d’Ottawa puis ont recruté le batteur Clan O’Neil et le bassiste Stephen Pitman. Tallies a ensuite suivi le parcours habituel des groupes indé jusqu’à l’enregistrement de ce premier album. Comme beaucoup de leurs confrères avant eux, la petite bande chante l’innocence et les questionnements de la fin de l’adolescence sans véritablement révolutionner le genre, ni dans les mots, ni dans l’habillage. Certes, on a déjà (souvent) entendu ces guitares qui flottent telle une fine bruine rafraîchissante et cette voix sucrée qui résonne en écho, mais Trains in Snow, Mother ou Midnight sont des friandises suffisamment agréables pour qu’on ait envie de passer agréablement ce début d’année en compagnie des Tallies. Feel good, on vous dit.

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