Ces tags antisémites à Paris transformés par l’artiste Yehiel Attias en un véritable tableau

Fin octobre 2023, des étoiles de David peintes à l’aide de pochoirs ont été retrouvées sur des murs à Paris.
GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP Fin octobre 2023, des étoiles de David peintes à l’aide de pochoirs ont été retrouvées sur des murs à Paris.

ANTISÉMITISME - Yehiel Attias veut « répondre à la haine ». L’artiste strasbourgeois, qui a fait des tags antisémites trouvés sur un mur du XIVe arrondissement un montage devenu viral sur les réseaux sociaux au début du mois de novembre, est revenu dans les colonnes du Parisien, ce mercredi 8 novembre, sur le succès de son projet.

Guerre Israël-Hamas : « La période qu’on vit est inédite dans sa violence », déplore Hanna Assouline

« Il a été tellement repartagé que ma trace s’est perdue. Il y a même des chaînes d’infos israéliennes et américaines qui l’ont diffusé en pensant qu’il existait vraiment sur un mur de Paris », explique-t-il au quotidien.

Au lendemain de la découverte des tags d’étoiles de David sur le mur du 21 rue Lacaze, à Paris, Yehiel Attias a dessiné, sur son ordinateur, un montage pour retourner le stigmate. On y voit notamment un garçonnet tenant un ballon en forme de cœur avec le symbole juif à l’intérieur. Des drapeaux israéliens encadrent l’entrée de l’immeuble. Des inscriptions en hébreu apparaissent aussi, qui signifient « Israël vivra ».

Yehiel Attias fait un don

« Je me disais que ça ferait du bien à la petite communauté de gens qui me suivent », confie-t-il au Parisien. Yehiel Attias compte un peu plus de 1 400 abonnés sur Instagram, où il partage régulièrement ses créations mettant en scène des personnages juifs.

CNews, BFMTV… Plusieurs chaînes de télévision françaises ont parlé de son œuvre. Devant la médiatisation de son projet, l’artiste s’est décidé à lui donner une nouvelle vie. Au Parisien, il explique qu’il en a fait un véritable tableau. « Les gens me demandaient où on pouvait voir cette œuvre, s’il existait un objet physique », précise-t-il, avant d’ajouter qu’il a offert la toile à l’association Meir Panim, qui œuvre à fournir une aide alimentaire aux personnes dans le besoin en Israël.

Alors même qu’il entend faire de même à « trois ou quatre autres associations », Yehiel Attias rêve aussi de peindre pour de vrai son œuvre sur un mur de la capitale. « L’idée, ça pourrait être de fabriquer des pochoirs avec des jeunes pour qu’on la réalise ensemble et que ça puisse devenir une réponse collective », conclut-il.

Un suspect identifié

Plusieurs dizaines d’étoiles de David bleues apposées au pochoir ont été découvertes le 31 octobre, sur des façades d’immeubles du 14e arrondissement parisien et dans d’autres endroits de Paris et en banlieue. Un juge d’instruction a été désigné cette semaine pour identifier les auteurs des tags et comprendre leurs intentions, la piste d’une commande venue de l’étranger n’étant « pas exclue » à ce stade, selon un communiqué de la justice française.

Un certain Anatoli P., homme d’affaires moldave, est suspecté d’être le commanditaire des dégradations le 14e arrondissement, a révélé Europe 1. Il s’agit d’un militant politique appartenant à un mouvement indépendantiste pro russe.

Dans une autre affaire, un couple de Moldaves en situation irrégulière, a été interpellé le 27 octobre pour avoir dessiné des étoiles de David à l’aide de pochoir dans le 10e arrondissement de Paris. Ils ont été placés en centre de rétention administrative afin d’être expulsés.

À voir également sur Le HuffPost :

Tags d’étoiles de David en France : les enquêteurs sur la piste d’une opération commandée depuis la Russie

Tags d’étoiles de David en France : la Russie nie être derrière l’opération et s’insurge contre la presse française