Tabassage de Michel Zecler: les juges ont ordonné la mise en liberté des deux policiers écroués

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Capture d'écran d'une vidéo AFP avec les images de caméras de télésurveillance montrant le passage à tabac de Michel Zecler par des policiers à Paris le 21 novembre 2020

Les juges d'instruction ont ordonné mardi la mise en liberté des deux policiers placés en détention depuis le 30 novembre pour avoir roué de coups à Paris Michel Zecler, un producteur de musique noir, a-t-on appris de source judiciaire.

Ils seront soumis à un contrôle judiciaire qui prévoit une interdiction d'entrer en relation avec la victime et les autres mis en examen, de détenir une arme et d'exercer la profession de fonctionnaires de police, selon cette même source.

Ils n'ont par ailleurs pas le droit de paraître dans le XVIIe arrondissement de Paris, où se situe le studio de musique du producteur, et devront en outre s'acquitter d'une caution de 5.000 euros.

A l'issue de leur interrogatoire au tribunal judiciaire de Paris vendredi et lundi, les deux policiers ont déposé une demande de mise en liberté auprès des magistrats instructeurs qui la leur ont accordée.

Le parquet ne s'est pas opposé à leur demande sous réserve d'un placement sous contrôle judiciaire strict, a précisé la source judiciaire.

Contactés par l'AFP, les avocats des deux policiers n'avaient pas répondu en début de soirée.

"Avocat, j'ai toujours considéré que la détention provisoire devait être l'exception et la liberté la règle, qui hélas n'est pas toujours la pratique judiciaire habituelle", a pour sa part commenté Me Caroline Toby, qui défend Michel Zecler.

"Je m'étonne néanmoins que ces mises en liberté interviennent avant même qu'une confrontation n'ait eu lieu entre la victime et les policiers, alors même qu'ils continuent de contester certains faits malgré les évidences", a-t-elle ajouté.

Le 21 novembre, en fin de journée, Michel Zecler avait été roué de coups par des policiers dans l'entrée de son studio de musique, puis dans la rue. Les faits ont été révélés par des images de vidéosurveillance du studio de musique, dévoilées par le média en ligne Loopsider, qui contredisaient le procès-verbal initial de l'interpellation rédigé par les policiers.

Dans cette affaire, quatre policiers ont été mis en examen le 30 novembre: trois d'entre eux, soupçonnés d'avoir roué de coups M. Zecler, l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)", avec plusieurs circonstances aggravantes dont celle de racisme, et pour "faux en écriture publique" par PDAP, un crime passible des assises.

Parmi eux, un brigadier de 31 ans et un gardien de la paix de 23 ans avaient été placés en détention provisoire, une décision "rarissime" pour des fonctionnaires de police selon plusieurs sources.

Un quatrième policier, soupçonné d'avoir jeté une grenade lacrymogène dans le studio de musique, a été mis en examen principalement pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" et placé sous contrôle judiciaire.

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