Les Taïwanais regrettent leur non-contribution à la lutte contre le coronavirus à l'OMS

Alors que l'Assemblée mondiale de la santé se termine ce mardi 19 mai à Genève, un pays n'a pas pu donner sa voix aux débats. C'est Taïwan, l’archipel revendiqué par Pékin qui a finalement demandé à ses alliés diplomatiques de ne pas soulever la question de sa participation à l’OMS pour donner la priorité à la lutte contre l’épidémie.

De notre correspondant à TaipeiAdrien Simorre

T-shirt large, fine moustache, Dong-Hua, 19 ans sort tout droit de son cours d’anglais. Comme de nombreux Taiwanais, il a suivi d’un œil le déroulé de l’Assemblée mondiale de la santé à laquelle Taïwan n’a pas été invité depuis 4 ans : « L’OMS est censée s’occuper de la santé de toutes les personnes dans le monde donc je pense qu’ils devraient mettre de côté les considérations politiques, et réfléchir à ce que Taïwan puisse rejoindre l'organisation ».

La Chine estime que c’est elle et elle seule qui est en droit de représenter les 23 millions de Taiwanais. Xe-Ing, étudiante de 21 ans, fronce les sourcils quand on lui demande ce qu’elle en pense. « Je ne suis pas d’accord. Taïwan a son propre gouvernement, sa propre politique et ses propres lois. La Chine dit que nous sommes une province chinoise, mais c’est faux ».

Isolé, Taïwan est pourtant parvenu à contenir l’épidémie. Certains estiment que c’est parce qu’elle pu prendre ses propres mesures sans attendre les recommandations de l’OMS. « Tous ceux qui ont fait confiance à l’OMS l’ont payé très cher donc c'est une chance pour Taïwan de pouvoir contribuer à construire un monde meilleur mais si la communauté internationale nous ferme les portes, nous n'avons rien à perdre, c'est plutôt le reste de monde qui y perd », explique le docteur Ko, vice-directeur de l'hôpital Min Sheng à Taipei.

Ces dernières semaines une trentaine de pays sont montés au créneau pour soutenir la participation de Taïwan. Historique mais insuffisant sur les 200 membres que compte l’organisation.